États-Unis

01 septembre 2020 19:43; Act: 02.09.2020 12:20 Print

Trump défend l'ado accusé d'avoir tué des manifestants

Le président américain a refusé de condamner l’acte de Kyle Rittenhouse, mis en examen pour avoir abattu deux manifestants à Kenosha, la semaine dernière.

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Donald Trump devait se rendre mardi dans le Wisconsin, dans une ambiance plus qu’électrique. Son adversaire Joe Biden l’accuse d’avoir «attisé» les braises des tensions raciales et sociétales qui ont suivi les graves blessures de Jacob Blake, par les tirs d’un policier blanc.

Le président américain a confirmé qu’il ne rencontrerait pas la famille de la victime, expliquant qu’il avait refusé d’avoir affaire à leurs avocats. «J’ai parlé avec le pasteur de la famille, un homme magnifique», s’est-il borné à dire. Jacob Blake Sr, le père de l’homme grièvement blessé, a démenti les propos de Trump: «Nous n’avons pas de pasteur de famille. Je ne sais pas à qui il a parlé, ça m’est égal», a-t-il déclaré sur CNN.

«Il aurait probablement été tué»

Le père a également assuré que sa famille avait reçu des menaces et qu’elle avait dû changer d’hôtel. Les propos tenus par Donald Trump concernant la mort de deux personnes lors d’une manifestation contre la violence policière, la semaine dernière à Kenosha, sont venus mettre de l’huile sur le feu. Lors d’un point presse lundi, une journaliste a invité le président à condamner l’acte de Kyle Rittenhouse, l’adolescent pro-Trump qui a ouvert le feu.

Le président a botté en touche, estimant que le jeune homme de 17 ans avait agi en état de légitime défense: «C’était une situation intéressante. Il essayait de s’éloigner d’eux, il est tombé et ils l’ont très violemment attaqué. C’est quelque chose que nous étudions, ça fait l’objet d’une enquête. Je crois qu’il était dans de sales draps. Il aurait probablement été tué», a-t-il répondu.

Donald Trump base sa réponse sur des vidéos montrant Kyle Rittenhouse armé, se faire courir après par des manifestants, dont au moins un portait également une arme. On peut en effet le voir tomber et recevoir plusieurs coups avant d’ouvrir le feu sur trois personnes, en tuant deux. Passionné par les armes, milicien autoproclamé, supporter du mouvement policier «Blue lives matters» et de Donald Trump, Kyle Rittenhouse était venu à Kenosha pour défendre un revendeur de voitures.

Cette réponse du président américain n’est pas sans rappeler son attitude qui avait suivi les émeutes raciales de Charlottesville (Virginie) durant l’été 2017. À cette époque, une jeune femme de 32 ans qui manifestait contre la présence de groupes racistes avait été écrasée par le véhicule d’un homme venu participer au rassemblement. Donald Trump avait alors refusé de condamner les suprémacistes blancs, renvoyant dos à dos les deux mouvements.

(L'essentiel/joc/afp)