États-Unis

28 juin 2018 07:35; Act: 28.06.2018 10:48 Print

Trump peut faire pencher la Cour suprême

Après l'annonce de la démission du juge Kennedy, Trump a l'occasion d'accentuer le conservatisme de la Cour suprême.

storybild

Le juge Anthony Kennedy va démissionner. (Mercredi 27 juin 2018)

Sur ce sujet

Anthony Kennedy, un des neuf juges de la Cour suprême des États-Unis, a annoncé mercredi son départ à la retraite, ouvrant la possibilité pour le président Trump d'ancrer dans le conservatisme cette institution-clé.

M. Kennedy, 81 ans, est souvent présenté comme le magistrat pivot de la Haute Cour, gardienne de la Constitution américaine: conservateur sur des sujets comme les armes à feu ou le financement électoral, il lui arrive de virer progressiste sur des thèmes comme l'avortement ou la discrimination positive. Il a annoncé sa retraite dans une lettre adressée à Donald Trump, par laquelle il exprime sa «gratitude», son «honneur» et son «privilège», après avoir siégé trente ans à la Cour suprême.

Le processus de remplacement du juge Kennedy va débuter «immédiatement», a ensuite déclaré M. Trump, qui depuis son arrivée à la Maison-Blanche a déjà eu l'occasion de nommer un juge très conservateur à la juridiction la plus élevée du pays. «Nous avons une liste de 25 personnes que j'avais présentée durant ma campagne. J'en avais 20 et j'en ai ajouté cinq», a-t-il poursuivi.

Lors d'un meeting de campagne dans la soirée, le président s'est dit «honoré» de la décision de M. Kennedy de prendre sa retraite pendant son mandat. «Il avait confiance en moi pour que je fasse le bon choix pour faire vivre son héritage», a-t-il déclaré, en appelant ses partisans à se découvrir pour rendre hommage au magistrat.

«Honneur et privilège»

La retraite de M. Kennedy était redoutée par les démocrates américains et toutes les organisations progressistes du pays, qui savent que M. Trump voudra lui nommer un remplaçant nettement plus à droite. On peut donc s'attendre à une bataille politique épique autour de celui appelé à succéder à M. Kennedy, qui était doyen de la Cour suprême en durée d'exercice: il y avait été nommé par le président républicain, Ronald Reagan, en 1987.

Les sages de la Cour suprême sont désignés à vie par le président américain en exercice et doivent être confirmés par un vote du Sénat, actuellement à courte majorité républicaine. Cette vacance à la Cour suprême «est la plus importante depuis au moins une génération», a averti le chef des sénateurs démocrates, Chuck Schumer.

«En jeu se trouvent le sort de notre système de santé, le droit des femmes en matière de procréation et d'innombrables protections pour les Américains moyens», a-t-il ajouté. Au sein de la haute cour, c'est souvent le juge Kennedy qui a départagé les quatre juges progressistes des quatre juges conservateurs.

M. Kennedy s'est révélé décisif notamment dans le domaine des droits des homosexuels: en 2015, grâce à lui, a été emportée la décision légalisant le mariage gay dans tous les États-Unis. Le magistrat d'origine irlandaise, catholique pratiquant et diplômé de la prestigieuse Harvard Law School, avait alors rédigé l'arrêt historique.

(L'essentiel/afp)