Émeutes aux États-Unis

02 juin 2020 07:11; Act: 02.06.2020 09:26 Print

Trump prêt à déployer l'armée américaine

Pour mettre un terme «aux émeutes» et «aux pillages», le président américain se dit prêt à déployer des soldats «lourdement armés».

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Des heurts continuent de se produire dans plusieurs villes américaines. (photo: AFP/Roberto Schmidt)

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Le président américain Donald Trump a promis lundi de restaurer l’ordre dans une Amérique en proie à un déferlement de colère historique, menaçant de déployer l’armée pour faire cesser les violences. À New York, plusieurs grands magasins de la célèbre 5e Avenue ont été pillés lundi soir, selon des journalistes de l’AFP sur place. Le couvre-feu, instauré dans la ville de 23 heures à 5 heures lundi, commencera dès 20 heures mardi, a annoncé le maire Bill de Blasio, tout en assurant que la métropole était «totalement sous contrôle, et pour l’essentiel calme et paisible».

Donald Trump est confronté aux désordres civils les plus graves de son mandat alors que des centaines de milliers d’Américains protestent contre les brutalités policières, le racisme et les inégalités sociales, exacerbées par la crise du Covid-19. «Au plus profond de nous-mêmes, on en a assez», a expliqué Jessica Hubbert, une manifestante afro-américaine de Los Angeles.

Violation du couvre-feu

Une semaine après l’homicide à Minneapolis de George Floyd, un homme noir de 46 ans asphyxié par un policier blanc, New York, Los Angeles et des dizaines d’autres villes américaines ont renforcé leurs mesures sécuritaires, décrétant ou rallongeant un couvre-feu nocturne pour vider les rues.

À Washington, plusieurs dizaines de manifestants ont été arrêtés sans violence dans la soirée pour violation du couvre-feu instauré à partir de 19 heures.

Face aux troubles se surajoutant à la pandémie de coronavirus, Donald Trump avait annoncé plus tôt d’un ton martial le déploiement dans la capitale de «milliers de soldats lourdement armés» et policiers pour mettre un terme «aux émeutes» et «aux pillages».

Il a jugé que les troubles de la veille à Washington étaient «une honte». Appelant les gouverneurs à agir vite et fort pour «dominer les rues» et briser la spirale des violences, il leur a lancé une mise en garde. «Si une ville ou un État refuse de prendre les décisions nécessaires pour défendre la vie et les biens de ses résidents, je déploierai l’armée américaine pour régler rapidement le problème à leur place», a-t-il lancé, dénonçant des actes de «terrorisme intérieur».

«Il utilise l’armée américaine contre les Américains», a dénoncé sur Twitter Joe Biden, son adversaire à la présidentielle de novembre. Le candidat démocrate doit se rendre mardi matin à Philadelphie pour s’exprimer sur les «troubles civils».

De Boston à Los Angeles, de Philadelphie à Seattle, le mouvement de protestation s’est exprimé jusqu’ici de façon majoritairement pacifique le jour, mais a aussi donné lieu à des embrasements nocturnes et des destructions. Au cœur des slogans, «Black Lives Matter» (»La vie des Noirs compte») et «I can’t breathe» (»Je ne peux pas respirer»), les derniers mots de M. Floyd gisant par terre, menotté et cou sous le genou d’un policier, dont les collègues restaient passifs.

(L'essentiel/afp)