Un an après son lancement, l'enquête tentaculaire aux États-Unis sur une possible collusion entre l'équipe de campagne de Donald Trump et la Russie semble dorénavant s'intéresser à une potentielle entrave à la justice de la part du président américain. C'est ce qui ressort de la teneur des dizaines de questions que le procureur spécial Robert Mueller souhaiterait poser à M. Trump, dont la publication lundi soir par le New York Times a suscité mardi la colère de Donald Trump.
Le ministère de la Justice ne cédera pas aux menaces
Aucun commentaire n'était immédiatement disponible auprès du bureau de M. Mueller. Parallèlement, le numéro deux du ministère de la Justice Rod Rodenstein, devenu une nouvelle bête noire de M. Trump alors qu'il a directement autorité sur l'enquête de M. Mueller, a déclaré mardi que son ministère ne céderait pas aux menaces. Un groupe de représentants républicains a préparé une motion de destitution à son encontre.
Au total, 19 personnes sont inculpées à ce jour dans l'enquête de M. Mueller, dont trois anciens hauts responsables de la campagne présidentielle de M. Trump. De son côté, M. Trump a recruté voilà deux semaines un nouvel avocat, l'ex-maire de New York Rudy Giuliani, qui a déclaré espérer pouvoir «négocier un règlement».
Le président américain a jugé «scandaleux» que ces questions aient été « divulguées » par le quotidien. «Vous avez un crime inventé, bidon, la collusion, qui n'a jamais existé et une enquête qui a commencé avec une fuite illégale d'informations confidentielles. Sympa!», a-t-il tweeté. «Il semblerait très difficile d'entraver la justice pour un crime qui n'a jamais eu lieu! Chasse aux sorcières!», a-t-il tonné dans un autre tweet.
Les questions, transmises à la Maison Blanche et compilées par les avocats du président, montrent que M. Mueller souhaite comprendre ce que M. Trump savait des connections avec la Russie de membres de son équipe de campagne présidentielle ou d'une rencontre en juin 2016 à la Trump Tower avec une avocate russe prétendant détenir des informations compromettantes sur sa rivale démocrate Hillary Clinton, selon le New York Times.
Elles portent également sur Michael Flynn, l'ancien conseiller à la sécurité nationale, également inculpé et qui coopérerait à l'enquête, sur le renvoi de James Comey, alors directeur de la police fédérale américaine (FBI) ou encore sur Jeff Sessions, le ministre de la Justice qui s'est récusé dans l'enquête russe.
«Que saviez-vous d'une quelconque tentative de votre équipe de campagne, y compris de Paul Manafort, d'obtenir de la Russie une éventuelle assistance pour la campagne?», demande le procureur. Et encore: «quand avez-vous pris connaissance de la réunion à la Trump Tower?» ou «après les démissions, quels efforts ont été déployés pour contacter M. Flynn à propos d'une recherche d'immunité ou d'une amnistie possible?». Selon James Comey, le président américain lui a demandé d'abandonner une enquête sur M. Flynn, contraint à la démission.
Menace de grand jury
Mais ces questions n'indiquent pas que M. Trump est considéré comme suspect dans l'enquête du procureur spécial lancée en mai 2017. Elles ne suggèrent pas non plus que des preuves d'une collusion de M. Trump avec la Russie aient été découvertes. Elles font néanmoins courir au président le risque de se trouver empêtré dans un mensonge si ses réponses contredisent des indications fournies par certaines personnes déjà inculpées.
Selon les avocats du président, Robert Mueller envisage depuis plusieurs mois d'interroger Donald Trump dans le cadre de ses investigations. Le Washington Post, faisant référence à quatre sources non identifiées, a affirmé mardi soir que lors d'une rencontre le 5 mars avec l'équipe juridique du président, M. Mueller avait brandi la menace d'une assignation à comparaître devant un grand jury si Donald Trump refusait d'être interrogé par les enquêteurs fédéraux.
Selon le journal, à l'issue de cette discussion l'avocat du président, Jay Sekulow, a dressé une liste de 49 questions qui pourraient lui être posées. C'est cette liste qu'a publiée le New York Times, assurant qu'elle avait été lue aux avocats de M. Trump au téléphone par l'équipe de M. Mueller. Le quotidien précise avoir obtenu la liste par une personne extérieure à l'équipe d'avocats du président.
(L'essentiel/afp)
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Les derniers commentaires
comme ily n'ont rien trouvé sur la conspiration russe inventée, alors maintenant le système essaye de pieger Trump avec une technicalité légale.
Comment pouvez vous dire qu'ils n'ont rien trouvé? Ils ont trouvé ma chère, ils ont trouvé! Juste pour rappel, il ne s'agit pas de piéger Trump, il s'agit de faire éclater l'ingérence russe. Ils sont sur le bon chemin.
Ces enquêtes coûtent cher et elles sont inutiles! Tout le monde sait que la Russie est intervenue dans ces élections et c'est la Russie qui est le principal responsable de l'élection de M. Trump. La seule question non éclairée est si Trump le savait ou pas. En effet il suffit de se remémorer le conflit entre Hilary Clinton et le Kremlin, donc le Kremlin avait tous les intérêts à ce que Hilary ne soit pas élue et pour cela il a très bien pu ne pas en informer Trump!
@Sam: expliquez nous comme les Russes ont reussi à faire changer les votes des Américains.
@Sam: Malheureusement celui qui a beaucoup d'argent peut tout se permettre ou presque, pour faire disparaître des preuves, s'il y en avait? ce sera difficile de le prouver. Le savait-il ou pas, c'est cela la question? Il a viré beaucoup de monde dans son environnement politique. Hélas, "la présomption d'innocence et le manque de preuves" profitent au "coupable". Le système de vote aux USA n'est pas des meilleurs . Peut-être Hillary n'était pas blanche comme neige mais Trump encore beaucoup moins. On peut noircir qn. pour nuire à sa réputation, mais chez Trump ce n'est plus nécessaire.
@Rigoberta: Les agents russes sont intervenus aux USA à au moins deux niveaux : la propagande sur les réseaux sociaux, d’une part, le piratage et la divulgation des e-mails du Parti démocrate, d’autre part. En produisant, achetant et postant des espaces publicitaire opposés à Clinton, euh.. L’achat de publicité politique par un ressortissant étranger est interdit aux Etats-Unis. En un mot avec une campagne de déstabilisations à l'aide de FakeNews sur Clinton
Rigoberta, vous ne savez pas comment ils ont interféré?
@Sam: Les preuves que vous citez sont "accablantes", et je me souviens en effet des e-mails. Personnellement je ne pense pas que Trump soit innocent, et Hillary aurait mérité ce poste étant plus compétente. Mais c'est mon avis et pas celui de tout le monde. Le FBI a également joué un rôle clé dans cette affaire.
Rigoberta, vous qui êtes une personne riche, sacrifiez 22 euros et achetez le livre "Mensonges et Vérités" de James Comey. Vous y trouverez un tas de réponses à vos questions et même des réponses à des questions que vous ne vous pas posées!
Les renseignements néerlandais ont fourni des preuves à leurs collègues américains sur l'ingérence russe dans la présidentielle de 2016. Après s'être infiltrés dans le réseau d'un groupe de hackers russes les agents néerlandais ont alerté les services américains tandis qu'ils observaient les célèbres pirates russes transférer des e-mails du parti démocrate avant les élections américaines.
Que Clinton soit meilleure est une autre histoire; moi j'ai toujours pensé que les deux ne valent rien et je le pense encore aujourd'hui! Clinton a joué un sale rôle quand elle était ministre sous Obama, elle a perdu beaucoup de crédit, aussi avec ses e-mails. Le FBI, lui il était obligé de lancer cette enquête, c'est dans la loi des USA, mais le FBI a dit deux jours avant les élections qu'il n'avait rien trouvé d'accablant sur Clinton.