Venezuela

09 juillet 2021 08:10; Act: 09.07.2021 11:45 Print

«Tu ne sais pas si tu vas arriver vivante au travail»

Depuis mercredi, des bandes criminelles défient la police depuis les «barrios», les quartiers populaires sur les hauteurs de la capitale, terrifiant la population.

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Un blindé dans une rue vide à Caracas, lors d’affrontements entre les gangs et la police, le 8 juillet 2021. (photo: AFP)

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«Tirez sur les immeubles! Nous sommes les voyous!» crie un membre d’un des gangs de Caracas qui défient la police et font régner la terreur depuis plusieurs jours en tirant en rafales sur la ville depuis les «barrios», les quartiers populaires situés sur les hauteurs de la capitale. Apeurée et enfermée dans son petit appartement au bas d’un de ces quartiers, Maria, qui tient à conserver l’anonymat, a enregistré les cris sur son téléphone et attend la fin de la «bataille» pour sortir. «Sorcières! Sorcières! (le nom des policiers), je vais lancer les bombes en-bas», a-t-elle aussi enregistré.

Les bandes et la police s’affrontent depuis mercredi. Des zones entières dans les «barrios» et dans les quartiers en contrebas sont désertes ou presque. Des routes et des grands axes de Caracas, situés non loin, sont coupés avec quelques rares passants qui traversent en courant les espaces exposés. La ministre de l’Intérieur et de la Justice, Carmen Melendez, a indiqué que le gouvernement avait ordonné «un déploiement pour une opération de protection» des habitants «dans les zones en proie aux criminels». Les forces de l’ordre ont positionné des blindés et des agents en armes au pied des «barrios». Équipés de gilets pare-balles, les policiers se protègent derrière des murs entre les immeubles pour éviter les balles qui pleuvent par à-coups des hauteurs.

Les gangs sont organisés

La plupart attendent calmement des ordres. «La nuit a été pire. On a passé la nuit là. Il y avait encore plus de tirs. Avec des balles traçantes», commente stoïquement l’un d’eux, au pied de la Cota 905, qui a donné son nom à la bande du même nom. «Ceux-là (les bandits), ils sont hors de contrôle». «Ils ont des armes modernes. On attend le feu vert pour monter et nettoyer tout ça», souffle un autre derrière son blindé, regrettant «l’impunité» des bandes. Symptôme de cette impunité, les autorités ont lancé jeudi des avis de recherche avec 500 000 dollars de récompense contre trois chefs de ces bandes dont le célèbre et très médiatique «El Koki», un jeune chef habitué à poster des vidéos sur les réseaux sociaux.

Grenades, fusils de guerres, mitrailleuses, armes de poing brillantes paraissant neuves, jumelles, radios: les gangs, qui ont creusé des tranchées dans les collines, sont organisés et tiennent leur terrain, a constaté un journaliste de l’AFP sur place. Les combats on fait une dizaine de morts, selon les médias locaux, alors qu’une source médicale évoque deux policiers blessés. Sur les réseaux sociaux circulent des vidéos de personnes blessées par des balles perdues. En juin, ces affrontements récurrents ont coûté la vie à au moins trois personnes, dont une infirmière victime d’une balle perdue alors qu’elle faisait le plein de son véhicule. Aucun bilan officiel n’a été donné sur les troubles des derniers jours.

Mais le pays avec 12 000 morts violentes par an, selon l’ONG Observatoire vénézuélien de la violence (OVV) est un des pays les plus violents de la planète, avec un taux de 45,6 morts violentes pour 100 000 habitants, sept fois supérieur à la moyenne mondiale. «Je passais quand j’ai entendu les rafales et je me suis abrité. J’attends que ça passe. Les plombs volent!» affirme Luis Flores, 34 ans, coursier à moto. «Tout le monde a peur!» dit-il.

«J’ai peur tous les matins, car tu ne sais pas si tu vas arriver vivante au travail», raconte Deny Rodriguez, 44 ans. «Les gangs ont décrété des «zones de paix» qui sont interdites à la police. Ils ne veulent pas qu’ils rentrent dans le quartier. Mais je dois aller travailler tous les jours». Comme des centaines de personnes, elle est passée vendredi à quelques mètres du corps d’un homme tué à un carrefour la veille, et toujours pas retiré plus de 24 heures plus tard.

(L'essentiel/AFP)

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Les commentaires les plus populaires

  • kt2907 le 09.07.2021 12:50 Report dénoncer ce commentaire

    "Ils ont des armes modernes." D'où viennent les armes, comment sont-elles arrivées là ? Qui les fournit ? Il faudrait peut-être commencer par là, non ?

  • veritis le 10.07.2021 07:29 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    habituelle là-bas. on y arrive doucement ici aussi

  • dlpdMathilda le 09.07.2021 13:49 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    socialisme ?? go dico pour voir la définition...

Les derniers commentaires

  • veritis le 10.07.2021 07:29 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    habituelle là-bas. on y arrive doucement ici aussi

  • dlpdMathilda le 09.07.2021 13:49 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    socialisme ?? go dico pour voir la définition...

  • kt2907 le 09.07.2021 12:50 Report dénoncer ce commentaire

    "Ils ont des armes modernes." D'où viennent les armes, comment sont-elles arrivées là ? Qui les fournit ? Il faudrait peut-être commencer par là, non ?

  • Trop souvent censuré par L'Essentiel le 09.07.2021 10:46 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Inévitable en Amérique latine. Ces pays sont corrompus jusqu'à la moelle. Il n'y a plus d'argent que pour les dirigeants, les pétroliers et l'armée. Le peuple, lui, peut crever de faim.

  • John Thecreast le 09.07.2021 09:38 Report dénoncer ce commentaire

    Les effets secondaires du socialisme

    • Sepp le 10.07.2021 00:23 Report dénoncer ce commentaire

      Plutôt les effets des capitalistes sur le socialisme.