Au Maroc

27 mai 2020 13:33; Act: 27.05.2020 14:40 Print

Un acteur en garde à vue pour avoir «injurié l'islam»

Rafik Boubker, un acteur célèbre au Maroc, a été placé en garde à vue, mardi soir, pour avoir tenu des «propos blasphématoires sur l’islam». Il risque deux ans de prison.

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Rafik Boubker risque deux ans de prison. (photo: Instragram )

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Un acteur célèbre au Maroc a été placé en garde à vue, mardi soir, pour avoir tenu des «propos blasphématoires sur l'islam», faits passibles de deux ans de prison, a annoncé la police. Rafik Boubker, 47 ans, est accusé d'avoir publié une vidéo sur les réseaux sociaux «le montrant dans un état anormal, tenant des propos blasphématoires contre l'Islam et portant atteinte à la sacralité du culte», selon un communiqué la Direction générale de la sûreté nationale (DGSN).

Dans cette vidéo, l'acteur injurie les imams, appelle à faire ses ablutions avec du «whisky et de la vodka», et vante les mérites de l'alcool pour se «connecter avec Dieu», sur le ton de la plaisanterie. À ses côtés sur la vidéo, figurent les administrateurs d'un groupe Facebook très populaire, «L'apéro», conçu comme un «bar virtuel» pour partager des bons plans de soirées arrosées. Mardi, l'acteur a présenté ses excuses pour «ses propos déplacés» en postant une nouvelle vidéo sur Instagram (voir ci-dessous), dans laquelle il évoque une «erreur»: «Je n'étais pas dans mon état normal. Je voulais juste plaisanter», dit-il.

Consommation d'alcool tolérée

De son côté, la DGSN a dit avoir «reçu nombre de plaintes de la part de plusieurs citoyens (...), ce qui a nécessité l'ouverture d'une enquête judiciaire». L'acteur a été placé en garde à vue pour «élucider les tenants et aboutissants de ces actes criminels et déterminer les complices ayant filmé ce contenu numérique», selon le communiqué publié dans la nuit de mardi à mercredi. Rafik Boubker a joué dans quelques gros succès du cinéma marocain: «Road to Kabul», «Les anges de Satan», «Zéro», «Classe 8» et autres films.

Il risque de six mois à deux ans de prison et/ou une amende de 20 000 à 200 000 dirhams (entre 1 850 et 18 500 euros), selon l'article 267 du Code pénal. Au Maroc où l'islam est religion d'État, la consommation d'alcool est interdite aux musulmans dans les textes, mais tolérée dans les faits, la vente étant libre dans certains commerces, bars et restaurants - hors période du jeune du ramadan.

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(L'essentiel/afp)