Fusillade en Floride

15 février 2019 07:06; Act: 15.02.2019 11:22 Print

Un an après, silence et recueillement à Parkland

Un hommage aux victimes de la fusillade qui avait fait 17 morts le jour de la Saint-Valentin, il y a un an, a été rendu jeudi en Floride.

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Un an après la fusillade qui a fait dix-sept morts dans un lycée de Parkland, cette ville de Floride a marqué jeudi, ce triste anniversaire dans le silence et le recueillement pour tenter de retrouver «la paix». Le jour de la Saint-Valentin en 2018, Nikolas Cruz a ouvert le feu avec un fusil semi-automatique AR-15 dans le lycée Marjory Stoneman Douglas, dont il avait été exclu l'année précédente pour «raisons disciplinaires».

Pour le premier anniversaire de la tragédie, plusieurs milliers de personnes ont assisté à une cérémonie œcuménique dans un parc de la ville. De nombreux participants portaient le tee-shirt aux couleurs du lycée arborant le message #MSDstrong ou les noms des dix-sept morts. Il n'y avait aucune pancarte ni slogan contre les armes à feu mais des bougies allumées à la nuit tombée. «J'ai perdu mes deux meilleures amies et un voisin ce jour-là», a confié Julia Brighton, 16 ans. «Le retour à la normale a pris du temps». «Voir tous ces gens sortir et prendre les choses à cœur, ça signifie beaucoup», a ajouté la lycéenne, qui participait au rassemblement.

«Une journée difficile»

Le lycée, qui avait décrété pour jeudi une «journée pédagogique», a fermé peu avant 14h20, au moment où la fusillade a éclaté un an plus tôt. Un jardin de fleurs entouré de dix-sept petits anges - pour les quatorze lycéens et trois membres du personnel - a été installé près de l'école, à l'endroit où un premier mémorial avait rassemblé photos des victimes, fleurs et ours en peluche. «Nous voulions donner aux gens un sentiment de paix et un endroit pour rendre hommage» aux victimes, a expliqué à l'AFP, Victoria Gonzalez, 18 ans, à l'origine du projet. La jeune fille, qui a perdu son meilleur ami Joaquin Oliver sous les balles du tueur, a admis vivre «une journée difficile».

Fred Guttenberg, père d'une victime, a posté jeudi matin sur Twitter un message poignant: «Il y a exactement un an, à cette minute, vers 7h, j'ai envoyé mes deux enfants à l'école. Seul mon fils Jesse est rentré. Jaime a été assassinée à l'école. Je resterai hanté pour toujours par le souvenir de ce matin-là, en les mettant dehors plutôt que de les avoir une minute de plus. Est-ce que j'ai dit je vous aime?».

Mobilisation historique

Emma Gonzalez, rescapée de la tuerie et devenue l'un des visages du combat des jeunes contre les armes à feu, avait annoncé qu'elle consacrerait cette journée au souvenir «de ceux que nous avons perdus». «Mais voir le mouvement que nous avons construit nous fait un bien incroyable», avait-elle ajouté. Les lycéens de Parkland ont mené un mouvement de mobilisation inédit pour un contrôle plus sévère des ventes d'armes aux États-Unis. Malgré ses antécédents psychiatriques, Nikolas Cruz avait pu acheter légalement un fusil d'assaut.

Sur son téléphone portable, le jeune homme avait expliqué qu'il souhaitait tuer «au moins vingt personnes». Il a aussi affirmé aux enquêteurs avoir entendu des voix lui ordonnant de «brûler», de «tuer» et de «détruire». Inculpé pour dix-sept assassinats, il attend son procès en prison et risque la peine de mort. La mobilisation avait culminé le 24 mars 2018 quand la «Marche pour nos vies» avait rassemblé 1,5 million de personnes à travers le pays, la plus grande manifestation nationale contre les armes, de l'histoire des États-Unis.

Depuis, plus de la moitié des États américains ont renforcé leur législation sur les armes à feu mais elle a peu évolué au niveau fédéral. Au Congrès de Washington, l'influence de la National Rifle Association (NRA), le principal lobby des armes, reste forte et seuls les «bump stocks», un dispositif permettant de tirer en rafale, ont été interdits.

(L'essentiel/afp)