Réchauffement climatique

31 août 2021 08:00; Act: 31.08.2021 11:59 Print

Un climat bientôt invivable dans les pays du Golfe?

Vers la fin du siècle, certaines localités du Golfe pourraient connaître des épisodes de «stress thermique incompatible avec la survie humaine», selon un chercheur.

storybild

Abou Dhabi n’évitera pas le réchauffement climatique. (photo: Reuters)

Sur ce sujet
Une faute?

Sameer sillonne péniblement les rues de Dubaï sur sa petite moto aux heures les plus chaudes de l’été. Il fait 45°C à l’ombre et avec le réchauffement climatique, les températures dans le Golfe risquent de devenir invivables, suscitant une tardive prise de conscience. «Je travaille de 9h à 16h sous cette chaleur» avec «une pause toutes les trois heures», explique avec un sourire gêné ce livreur pakistanais, employé d’une application mobile de livraison dans cette grande ville des Émirats.

À Dubaï, où la chaleur est accentuée par une forte humidité, Émiratis et expatriés fuient en nombre les températures estivales écrasantes. Ceux qui restent passent leur temps dans des lieux ultraclimatisés et se reposent sur un bataillon de livreurs pour minimiser leurs sorties.

Et la situation risque de devenir de plus en plus critique. Avec le réchauffement climatique, «le niveau de stress thermique va augmenter de manière significative» dans plusieurs villes du Golfe, affirme Elfatih Eltahir, professeur d’hydrologie et climat au MIT.

Au-delà des 50°C

Vers la fin du siècle, avec la combinaison de températures toujours plus chaudes - au-delà des 50 degrés - et de l’humidité, certaines localités pourraient connaître des épisodes de «stress thermique incompatible avec la survie humaine», dit ce chercheur à l’AFP. Directement concernés, les Émirats arabes unis ont lancé une stratégie écologique à l’horizon 2050 qui vise notamment à faire passer la part des énergies propres de 25 à 50% et à réduire de 70% l’empreinte carbone de la production d’électricité.

«Il y a de plus en plus d’intérêts pour ce sujet aux Émirats, mais nous attendons encore de voir les grandes entreprises prendre cette question à cœur», déclare à l’AFP Tanzeed Alam, directeur de Earth Matters Consulting, un cabinet de conseil spécialisé dans l’environnement basé à Dubaï. Aux Émirats, depuis plusieurs années déjà, des avions sont utilisés pour ensemencer des nuages, avec pour objectif de provoquer puis capter la pluie. Et bientôt, des drones pourraient être utilisés pour la même fin.

Centrale solaire

Les pays du Golfe, très dépendants de l’exploitation des hydrocarbures, ont longtemps eu mauvaise presse sur la question environnementale, mais cherchent ces dernières années à modifier leur discours pour redorer leur image internationale, mais aussi diversifier leurs économies. L’émirat d’Abu Dhabi a par exemple construit une centrale solaire, présentée comme l’une des plus grandes de la planète.

Premier exportateur de pétrole brut au monde, l’Arabie saoudite, qui s’est lancée dans de vastes réformes de diversification de son économie, a annoncé plusieurs grands projets d’orientation écologique, en misant elle aussi sur l’énergie solaire.

(L'essentiel/AFP)