Réunion à Bruxelles

17 février 2020 12:38; Act: 17.02.2020 13:57 Print

Un désaccord au sein de l'UE sur la Libye

L'Union européenne ne sera pas en mesure, lundi, d'aboutir à un accord pour reprendre l'opération navale Sophia, en raison de l'opposition de l'Autriche.

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Le ministre des Affaires étrangères du Luxembourg, Jean Asselborn, veut croire en un changement de position. (photo: AFP)

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L'Union européenne ne sera pas en mesure, lundi, d'aboutir à un accord pour reprendre l'opération navale Sophia, avec un objectif limité au contrôle de l'embargo de l'ONU sur les armes à destination de la Libye, en raison de l'opposition de l'Autriche, a reconnu le chef de la diplomatie européenne, Josep Borrell, avant une réunion des ministres des Affaires étrangères de l'UE, à Bruxelles. «L'unanimité est nécessaire», a-t-il rappelé, pour reprendre cette opération que l'UE avait décidée en 2015 au plus fort de la crise des réfugiés, à la fois pour lutter contre les trafiquants d'êtres humains et contrôler le respect de l'embargo de l'ONU sur les armes à destination de la Libye.

Le mandat de Sophia a été prolongé jusqu'au 31 mars 2020, mais elle n'est plus opérationnelle en mer. Les États membres ont retiré leurs navires à cause du refus de l'Italie de laisser débarquer sur son territoire les migrants sauvés en mer faute d'accord entre les États de l'UE pour les prendre en charge. L'Autriche voit dans l'opération Sophia «un billet d'entrée en Europe pour des milliers de migrants clandestins» et refuse donc de donner son accord au retour des navires européens dans la zone.

«L'Europe doit être capable de faire de la politique européenne»

«L'opération Sophia n'est plus. Nous avons besoin d'une opération militaire, pas d'une opération humanitaire", a déclaré le ministre des Affaires étrangères, Alexander Schallenberg, à son arrivée à Bruxelles. «Il n'y a pas d'attitude de blocage, mais nous sommes au début d'un processus de négociation et de discussion très sérieux», a-t-il soutenu. «Nous avons besoin d'une véritable mise en œuvre de l'embargo et de mon point de vue, l'opération Sophia n'était pas la bonne approche. Quelque chose de nouveau doit arriver», a-t-il argumenté. L'Autriche n'est pas le seul pays à bloquer.

Le ministre des Affaires étrangères du Luxembourg, Jean Asselborn, veut croire en un changement de position à Vienne, où le chancelier Sebastian Kurz est en coalition avec les Verts pour gouverner. «Je ne peux pas imaginer qu'un pays comme l'Autriche dise non en fin de compte», a-t-il déclaré. «Je comprends que l'Europe ne soit parfois pas capable de faire de la politique mondiale, mais elle doit être capable de faire de la politique européenne», a-t-il ajouté.

(L'essentiel/afp)