Nucléaire

27 novembre 2020 18:21; Act: 27.11.2020 18:41 Print

Un haut scientifique iranien assassiné, Israël accusé

Pour le ministre iranien des Affaires étrangères, Israël est impliqué dans l’assassinat de Mohsen Fakhrizadeh, chef du département recherche et innovation du ministère.

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Mohsen Fakhrizadeh (à droite) a été assassiné. (photo: AFP/-)

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Un scientifique iranien de haut rang travaillant dans le secteur nucléaire a été assassiné vendredi, alors qu’il se trouvait dans son véhicule près de Téhéran, le chef de la diplomatie iranienne Mohammad Javad Zarif accusant Israël d’avoir joué un «rôle» dans cet «acte terroriste».

«Des terroristes ont assassiné aujourd’hui un éminent scientifique iranien. Cette lâcheté – avec des indications sérieuses du rôle d’Israël – montre le bellicisme désespéré de ses auteurs», a tweeté Mohammad Javad Zarif, ministre iranien des Affaires étrangères. Le chef de la diplomatie a également appelé la communauté internationale à «mettre un terme à ses honteuses positions ambivalentes et à condamner cet acte terroriste».

«Gravement blessé»

Le ministère de la Défense avait peu avant identifié la victime comme étant Mohsen Fakhrizadeh, chef du département recherche et innovation du ministère.

Il a été «gravement blessé» lorsque sa voiture a été prise pour cible par plusieurs assaillants, qui ont en retour été pris à partie par l’équipe de sécurité du scientifique, avait indiqué le ministère, dans un communiqué, ajoutant que l’équipe médicale n’était pas parvenue à le ranimer. Fakhrizadeh avait été qualifié par le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, de père du programme iranien d’armement nucléaire.

Plusieurs médias locaux, dont les agences de presse Tasnim et Fars, avaient plus tôt rapporté une tentative d’assassinat contre le scientifique dans la ville d’Absard, à l’est de la capitale iranienne. «Des terroristes ont fait exploser une voiture avant de tirer sur la voiture de M. Fakhrizadeh», avaient-elles indiqué. Tasnim précisait «attendre encore des informations officielles» sur son état de santé.

Programme nucléaire

Cet assassinat intervient moins de deux mois avant l’arrivée à la Maison-Blanche du démocrate Joe Biden, président élu à l’élection du 3 novembre aux États-Unis.

Biden entend changer de posture vis-à-vis de l’Iran, après les quatre années de présidence du républicain Donald Trump, qui s’est retiré en 2018 de l’accord avec les grandes puissances signé à Vienne trois ans plus tôt portant sur le programme nucléaire de Téhéran. Les États-Unis ont ensuite rétabli puis renforcé les sanctions à l’encontre de l’Iran.

Trump estime que cet accord n’offre pas de garanties suffisantes pour empêcher Téhéran de se doter de l’arme nucléaire. L’Iran a toujours nié vouloir un tel armement. Le président américain a re-tweeté vendredi, des informations sur l’assassinat du scientifique iranien, mais sans y adjoindre de commentaire personnel.

Libération de la chercheuse Kylie Moore-Gilbert

Fakhrizadeh a été tué au lendemain du transfert par la Thaïlande de trois Iraniens détenus pour une attaque à la bombe manquée visant des diplomates israéliens à Bangkok en 2012. D’après Téhéran, cette opération s’est faite en échange de la libération mercredi de la chercheuse australo-britannique Kylie Moore-Gilbert.

Condamnée à dix ans de prison pour espionnage au profit d’Israël - ce qu’elle a toujours nié - la chercheuse a salué mercredi la fin de son calvaire. Après plus de 800 jours de détention, cette spécialiste du Moyen-Orient a reconnu que son départ d’Iran serait «doux amer» en dépit des «injustices» subies.

D’autres victimes

Plusieurs autres scientifiques spécialisés dans le domaine nucléaire en Iran ont été assassinés ces dernières années, la République islamique en attribuant systématiquement la responsabilité à Israël.

Et le quotidien américain New York Times a rapporté mi-novembre qu’Abdullah Ahmed Abdullah, alias Abou Mohammed al-Masri et numéro deux d’Al-Qaïda, avait été abattu à Téhéran par des agents israéliens, lors d’une mission secrète commanditée par Washington. L’Iran a démenti.

(L'essentiel/afp)