Boeing disparu

10 mars 2014 18:58; Act: 15.03.2014 16:26 Print

Un «mystère aéronautique sans précédent»

La disparition du Boeing de Malaysian Airlines, ce week-end, n'a toujours pas trouvé d'explication ce lundi. L'hypothèse d'un détournement du Boeing n'est pas exclue.

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«Malheureusement, nous n'avons rien trouvé qui ressemblerait à des débris de l'avion, sans parler de l'avion lui-même», a souligné devant les médias le directeur de l'Aviation civile malaisienne, Azharuddin Abdul Rahman. «La zone de recherche a été étendue en mer de Chine méridionale» d'environ 90 km à 180 km de rayon. Cette surface entoure le lieu où le contrôle aérien a perdu le contact avec l'appareil. Elle se situe entre l'est de la Malaisie et le sud du Vietnam. Les opérations avaient déjà été étendues la veille à la côte ouest de la Malaisie et à la terre, a confirmé M. Rahman.

Le Vietnam a envoyé lundi matin en urgence des équipes héliportées après avoir repéré un objet jaune flottant qui aurait pu être un canot de sauvetage embarqué à bord d'avions de ligne. Mais il s'est agi d'une fausse alerte. Les analyses d'une nappe de carburant détectée en mer près du point possible de disparition du Boeing ont révélé qu'il ne provenait pas de l'avion. «Ce carburant n'est pas utilisé par les avions» mais par les navires, a déclaré la porte-parole de la police maritime malaisienne, Faridah Shuib.

Défaut de sécurité à l'aéroport de Kuala Lumpur

«Le fait que nous soyons toujours incapables de trouver des débris semble indiquer que l'appareil s'est probablement désintégré», a déclaré dimanche une source proche de l'enquête. Aucun signal de détresse n'a été envoyé par l'avion, ce qui suggère une défaillance mécanique soudaine ou une explosion. La piste de l'attentat terroriste reste d'actualité. Les investigations se concentrent sur au moins deux passagers qui voyageaient avec des passeports volés, l'un italien, l'autre autrichien.

Interpol, l'organisation internationale de coopération policière, a confirmé dimanche qu'elle enquêtait sur des passeports potentiellement suspects présentés par plusieurs passagers. Reconnaissant implicitement un défaut de sécurité à l'aéroport de Kuala Lumpur, le Premier ministre malaisien Najib Razak a annoncé une révision des procédures de contrôle. Un haut responsable de la police malaisienne a déclaré qu'à plusieurs reprises par le passé, des individus porteurs de passeports faux ou volés et d'explosifs avaient été arrêtés à l'aéroport de Kuala Lumpur alors qu'ils voulaient embarquer dans un avion. «Il y a eu deux ou trois incidents, mais je ne vous dévoilerai pas les détails», a-t-il dit.

Dizaines de navires dépêchés sur la zone

La voyagiste thaïlandaise qui s'est occupée de ces deux passagers a réservé leurs billets à la demande d'un contact d'affaires iranien, qu'elle connaît seulement sous le nom de M. Ali. Elle a précisé au Financial Times que M. Ali l'avait payé en liquide et qu'elle réservait régulièrement pour son compte. Elle a exclu qu'il soit lié à une action terroriste. La Chine a annoncé l'envoi d'inspecteurs en Malaisie pour enquêter sur ce point. Elle est concernée au premier chef car les deux tiers environ des passagers sont chinois.

Le Boeing 777-200ER, qui avait décollé une heure avant de Kuala Lumpur en direction de Pékin, a disparu tôt samedi des écrans radar. Il volait à une altitude de 10 670 m. Il aurait peut-être fait demi-tour, selon l'armée malaisienne. Dix pays ont dépêché des dizaines de navires et d'avions pour quadriller une vaste zone maritime entre la Malaisie et le sud du Vietnam. Parmi les 227 passagers figurent plus de 150 Chinois et des ressortissants d'au moins onze autres pays, dont 38 Malaisiens, six Australiens, quatre Français et trois Américains. Les douze membres d'équipage sont malaisiens. Il s'agit probablement de l'accident le plus grave d'un Boeing 777-200ER. Un avion d'Asiana Airlines s'était écrasé à l'atterrissage à San Francisco le 6 juillet 2013. Trois passagers avaient péri.

(L'essentiel/AFP)