Au Nagorny Karabakh

25 octobre 2020 22:17; Act: 26.10.2020 12:53 Print

Un nouveau «cessez-​​le-​​feu humanitaire»

L’Arménie et l’Azerbaïdjan en conflit ont annoncé une trêve à partir de lundi, dans une déclaration conjointe avec les États-Unis, après des négociations à Washington.

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La communauté internationale s’est montrée incapable jusqu’ici de négocier une trêve durable.

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L’Arménie et l’Azerbaïdjan, dont les précédentes trêves sont restées lettre morte, se sont de nouveau engagés à respecter à partir de lundi un «cessez-le-feu humanitaire» dans le conflit au Nagorny Karabakh, après des négociations à Washington. «Le cessez-le-feu humanitaire entrera en vigueur à 8h locales (4h GMT) le 26 octobre», affirment les deux pays dans une déclaration conjointe publiée dimanche avec les États-Unis.

En campagne pour sa réélection, le président américain Donald Trump avait promis peu avant de «résoudre» ce conflit rallumé par la reprise des hostilités, le 27 septembre, dans cette région montagneuse de l’Azerbaïdjanh contrôlée par des séparatistes arméniens soutenus par Erevan.

Tractations en coulisses

Les Arméniens «sont des gens incroyables, ils se battent comme des diables», a lancé le candidat républicain, en retard dans les sondages à neuf jours de l’élection du 3 novembre, lors d’un meeting dans l’État du New Hampshire. «Vous savez quoi? On va aboutir à quelque chose», a-t-il encore dit à la foule. «Les problèmes qu’ils ont, les morts, les combats et tout le reste, on va résoudre ça, ça va être facile», a-t-il assuré, sans plus de précisions, pour vanter ses talents diplomatiques.

Le secrétaire d’État américain, Mike Pompeo, avait reçu vendredi, séparément, ses homologues azerbaïdjanais Djeyhoun Baïramov et arménien Zohrab Mnatsakanian, mais sans rencontre à trois.

Les tractations se sont poursuivies en coulisses dans la capitale des États-Unis. Le vice-secrétaire d’État, Stephen Biegun, a ainsi rencontré samedi les deux ministres, tandis que le conseiller de Donald Trump à la sécurité nationale, Robert O’Brien, s’entretenait au téléphone avec le Premier ministre arménien, Nikol Pachinian, et le président azerbaïdjanais Ilham Aliev.

Pas la première trêve

Dimanche matin, Robert O’Brien a fait état de progrès. «À la demande du président, nous avons passé tout le week-end» à «tenter de faire conclure la paix à l’Arménie et l’Azerbaïdjan», a-t-il dit sur la chaîne CBS. «L’Arménie a accepté un cessez-le-feu. L’Azerbaïdjan pas encore. Nous tentons de les convaincre de le faire», avait-il ajouté. Les deux pays s’accusent mutuellement d’avoir visé la population civile depuis le début des hostilités.

Ce n’est pas la première fois qu’ils s’engagent en faveur d’une trêve. La déclaration conjointe souligne d’ailleurs que les deux ministres «ont réaffirmé l’engagement de leurs pays à mettre en œuvre et respecter les cessez-le-feu humanitaires conclus à Moscou, le 10 octobre, et confirmé dans une déclaration publiée à Paris, le 17 octobre».

Mais ces deux trêves humanitaires ont rapidement volé en éclats. Washington fait partie, avec la France et la Russie, du Groupe de Minsk formé de longue date par l’Organisation sur la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) pour être le principal médiateur dans ce conflit.

5 000 morts, selon Poutine

Le président français Emmanuel Macron avait lui-même poursuivi jeudi ses efforts diplomatiques pour un cessez-le-feu au Nagorny Karabakh en recevant le président arménien Armen Sarkissian, après avoir parlé au téléphone avec Nikol Pachinian et Ilham Aliev.

Au-delà d’un cessez-le-feu humanitaire, la communauté internationale s’est montrée incapable jusqu’ici de négocier une trêve durable et plus encore une issue pacifique au conflit. L’Arménie a d’ailleurs exclu mercredi toute «solution diplomatique». Le président russe Vladimir Poutine, également en première ligne, a déclaré jeudi que le bilan, depuis fin septembre, s’approchait de 5 000 morts.

«Parvenir à une solution pacifique»

Depuis le 27 septembre, les forces azerbaïdjanaises ont conquis des territoires échappant au contrôle de Bakou depuis les années 1990 et une guerre, dans la foulée de la chute de l’URSS, qui avait fait 30 000 morts et abouti à la sécession de cette région aujourd’hui peuplée quasi exclusivement d’Arméniens.

Les médiateurs du Groupe de Minsk et les ministres des deux pays sont convenus de se retrouver jeudi, à Genève, pour discuter des «mesures nécessaires pour parvenir à une solution pacifique», selon un communiqué distinct.

(L'essentiel/afp)