Incendies

11 septembre 2020 07:23; Act: 11.09.2020 11:48 Print

Un paradis vert au Brésil dans l’enfer du feu

Plus de 2,3 millions d’hectares du Pantanal brésilien, plus grande zone humide tropicale de la planète, sont partis en fumée cette année. Une catastrophe pour la biodiversité.

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Les agriculteurs pratiquent le brûlis qui se transforme en incendie dans le Pantanal brésilien. (photo: KEYSTONE/EPA/ROGERIO FLORENTINO)

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Cadavres de caïmans calcinés, flammes dévorant la végétation à perte de vue: le Pantanal brésilien, plus grande zone humide tropicale de la planète, est en proie à une catastrophe écologique sans précédent. Les dégâts sont irréparables pour la biodiversité. «Cela fait plus de vingt ans que je suis ici et je n’ai jamais vu une chose pareille», a déclaré Felipe Dias, directeur de l’institut SOS Pantanal. Plus de 2,3 millions d’hectares sont déjà partis en fumée depuis le début de l’année, selon des données compilées par l’université fédérale de Rio de Janeiro (Lasa-UFRJ).

Les satellites de l’institut national de recherches spatiales (INPE) ont identifié 12 567 foyers d’incendie au Pantanal depuis janvier, supérieur à l’ensemble des années 2018 et 2019 combinées. Le record sur toute une année (12 536 foyers), datant de 2005, vient d’être battu, en moins de neuf mois, selon les nouvelles données actualisées mercredi.

Mais au-delà des chiffres, c’est une vraie tragédie qui se joue dans ce sanctuaire de biodiversité à la faune exceptionnelle, situé à l’extrémité sud de la forêt amazonienne et qui s’étend du Brésil au Paraguay et à la Bolivie.

«Tout va brûler»

«Très peu d’animaux survivent aux flammes et beaucoup de ceux qui arrivent à s’enfuir à temps finissent par mourir de faim ou de soif. Les dégâts sont irréparables», a déploré Juliana Camargo, présidente d’AMPARA Animal, une ONG présente sur le terrain pour tenter de sauver des espèces en danger. «Ce qui est le plus désespérant, c’est de voir des gens qui combattent les incendies au jour le jour nous dire: ‹Il n’y a rien à faire. Tout va brûler’. Leur seul espoir est qu’il pleuve, mais la pluie n’est attendue qu’en novembre», ajoute-t-elle.

De nombreux bénévoles tentent de prêter main-forte aux pompiers, notamment des personnes qui vivent de l’écotourisme, très développé dans cette région, où des visiteurs du monde entier sillonnent habituellement les zones inondées dans de petites barques pour admirer des caïmans ou des loutres géantes nommées Capivaras.

Sécheresse et agriculture

Mais cela fait plusieurs mois que ce paradis écologique est ravagé par les flammes, malgré l’envoi de l’armée en août pour combattre les incendies. Cette semaine, le parc naturel Encontro das Aguas, proche de la frontière avec le Paraguay, connu pour abriter la plus grande concentration de jaguars au monde, a à son tour été atteint par les flammes. Ce désastre est dû avant tout à une sécheresse exceptionnelle. De janvier à mai, au cœur de la saison humide, il a plu moitié moins que prévu au Pantanal et de nombreuses zones n’ont pas pu être inondées comme c’est le cas normalement.

Mais la sécheresse n’explique pas tout. Selon Vinicius Silgueiro, de l’institut centre de vie (ICV), de nouvelles cultures lancées par les agriculteurs ont également contribué aux incendies. «Beaucoup de plantes natives ont été remplacées par d’autres destinées au pâturage», explique-t-il. Certains agriculteurs pratiquent le brûlis qui se transforme en incendie et, selon ce spécialiste, un des principaux problèmes est la «sensation d’impunité» qui règne en raison «du manque de moyens des organes publics de protection environnementale».

(L'essentiel/afp)

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Les commentaires les plus populaires

  • Zebra3 le 11.09.2020 12:37 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Les bolsonaro et toute la même pourriture sur cette planète vous allez payer très cher le mal que vous lui faites croyez moi, tous les jours on a droit au massacre, au génocide envers le monde animal, île Maurice, forêt Amazonienne, martyriser les chevaux, tout ça la réponse vous l'aurez bande de fumiers !!!

  • ViveleDémago le 11.09.2020 11:43 Report dénoncer ce commentaire

    Bravo Bolso encore un exploit

  • StephaneK le 11.09.2020 07:46 Report dénoncer ce commentaire

    De pire en pire, on va droit dans le mur. Et c'est partout comme ça. Tristesse :(((

Les derniers commentaires

  • veritis le 11.09.2020 12:53 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    ces feux sont volontaires et soutenu par l'état bolsonaro

  • Zebra3 le 11.09.2020 12:37 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Les bolsonaro et toute la même pourriture sur cette planète vous allez payer très cher le mal que vous lui faites croyez moi, tous les jours on a droit au massacre, au génocide envers le monde animal, île Maurice, forêt Amazonienne, martyriser les chevaux, tout ça la réponse vous l'aurez bande de fumiers !!!

  • Blaise le 11.09.2020 12:30 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    C'est formidable ! continuons ainsi!

  • ViveleDémago le 11.09.2020 11:43 Report dénoncer ce commentaire

    Bravo Bolso encore un exploit

  • Phi le 11.09.2020 09:58 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Pas de problème aussi au GDL avec des Verts au Gouvernement on détruit la Nature alors arrêter de polomiser.

    • Jängi le 11.09.2020 11:20 Report dénoncer ce commentaire

      Je ne crois pas que les "Verts" détruisent. L'Homme en génral est en cause, chacun de nous.