Aux États-Unis

23 août 2019 07:25; Act: 23.08.2019 10:03 Print

Un PDG a été piégé par une espionne russe

Patrick Byrne, le patron du site de commerce en ligne Overstock.com, a dû démissionner mercredi après une liaison avec la désormais célèbre espionne russe Maria Butina.

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Maria Butina et Patrick Byrne.

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Sa liaison avec une espionne russe qui avait séduit le gotha du lobby pro-armes pour infiltrer la politique américaine faisait trop de vagues. Patrick Byrne, le patron du site de commerce en ligne Overstock.com, n'a eu d'autre choix que de démissionner mercredi. Sa maîtresse, Maria Butina, a défrayé la chronique et a été condamnée fin avril à 18 mois de prison par un tribunal de Washington pour avoir infiltré l'appareil politique américain à travers ses liens avec le puissant lobby des armes NRA. Inculpée pour «complot» en vue de «promouvoir les intérêts de la Russie», Maria Butina a été arrêtée en juillet 2018.

Rien n'avait filtré de la liaison jusqu'à deux articles d'une journaliste de Fox News et un communiqué, publié par Overstock le 12 août, au titre et au contenu inhabituels: «Les commentaires du PDG sur l'État de l'ombre». Dans ce communiqué, Patrick Byrne affirme avoir collaboré activement avec les forces de l'ordre une fois qu'il s'est rendu compte qu'il y avait anguille sous roche. Curieusement, il les surnomme «Men in Black», ou M.I.B., comme les agents spéciaux chargés de surveiller les extraterrestres peuplant la Terre dans les films à succès avec Will Smith.

«En juillet 2018, j'ai compris»

L'expression même d'«État de l'ombre» (Deep State en anglais) dénote le goût de Patrick Byrne pour une théorie du complot selon laquelle une coalition clandestine de bureaucrates contrôlerait le pays. Il y affirme aussi que son interaction avec les autorités avait moins à voir «avec la justice qu'avec de l'espionnage politique mené contre Hillary Clinton et Donald Trump».

Dans un entretien au New York Times, Patrick Byrne a confié qu'il avait rencontré la jeune espionne aux cheveux flamboyants lors d'une convention libertarienne à Las Vegas et que son insistance pour rencontrer des membres de la campagne présidentielle de Hillary Clinton et Donald Trump lui a finalement mis la puce à l'oreille. «En juillet 2018, j'ai compris», confie le patron dans le communiqué du 12 août. Il dit avoir informé immédiatement un militaire de haut rang et un élu, puis le ministère de la Justice en avril. L'action d'Overstock.com a pris 8,31% jeudi après l'annonce de la démission.

(L'essentiel/afp)