Afghanistan

06 mars 2020 13:29; Act: 06.03.2020 15:11 Print

Une attaque à Kaboul fait au moins 27 morts

Un attentat a eu lieu ce vendredi, dans la capitale afghane, lors d'un discours de l'ancien vice-président Abdul Karim Khalili.

Abdul Karim Khalili s'exprimait ce vendredi à Kaboul pendant une cérémonie commémorant la mort d'Abdul Ali Mazari, un politicien d'une minorité chiite.

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Au moins 27 personnes, dont des femmes et des enfants, ont été tuées dans une attaque contre un rassemblement politique dans l'ouest de Kaboul, a indiqué mardi, le ministère afghan de l'Intérieur. C'est la première attaque dans la capitale depuis l'accord récemment conclu entre les talibans et les États-Unis.

Les talibans ont nié toute responsabilité dans cette attaque contre une cérémonie commémorant la mort d'Abdul Ali Mazari, un politicien de la minorité hazara, dont les membres sont très majoritairement chiites, dans un Afghanistan sinon largement sunnite.

L'année dernière, un attentat au mortier, revendiqué par le groupe État islamique lors de cette même cérémonie, avait tué au moins 11 personnes.

Les coups de feu ont cette fois-ci été tirés depuis un chantier proche de l'événement, a déclaré Nasrat Rahimi, ajoutant que les forces spéciales afghanes et les forces de police étaient arrivées «rapidement» sur place.

De nombreux membres de l'élite politique afghane étaient présents, dont le chef de l'exécutif afghan Abdullah Abdullah, qui dit avoir remporté la présidentielle de septembre, même si les résultats officiels le donnent perdant.

«Nous étions au milieu de la cérémonie (...) quand soudainement des coups de feu ont retenti», a raconté Mohammad Mohaqiq, le plus connu des hommes politiques hazaras et un proche d'Abdullah Abdullah.

«Nous avons quitté (les lieux) après les coups de feu, et il y avait des blessés, mais je ne sais pas s'il y a eu des morts», a-t-il poursuivi, interrogé par Tolonews, la principale télévision d'Afghanistan.

L'ancien président Hamid Karzaï et l'ex-Premier ministre Salahuddin Rabbani, également présents, avaient quitté l'évènement un peu plus tôt, a-t-il ajouté.

«Tous les responsables de haut niveau ont été évacués des lieux en toute sécurité», a commenté Nasrat Rahimi, le porte-parole du ministère de l'Intérieur.

Accords entre les États-Unis et les talibans

Cet incident survient moins d'une semaine après la signature d'un accord, samedi dernier, à Doha, entre les États-Unis et les talibans, qui ouvre la voie à un retrait complet des troupes étrangères d'Afghanistan, sous 14 mois, en échange de garanties des insurgés.

Une trêve partielle, instaurée à la demande de Washington, le 22 février, a toutefois été levée lundi, par les talibans, qui ont depuis lors multiplié les attaques contre les forces de sécurité afghanes, soulignant la difficulté d'un dialogue entre les insurgés et le gouvernement de Kaboul, autre condition de l'accord de Doha.

Le groupe État islamique, présent en Afghanistan depuis 2015, a multiplié les attaques contre la communauté chiite dans le pays.

(L'essentiel/nxp/ats)