Au Mexique

12 octobre 2021 07:16; Act: 12.10.2021 11:34 Print

Une statue de femme à la place de Colomb

Au Mexique, la gauche nationaliste réactive l’«indigénisme d’Etat» pour effacer toute trace de l’explorateur ayant «découvert» l’Amérique.

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A Mexico, une statue en l’honneur de Christophe Colomb a été déboulonnée. Le lieu s’appelle désormais la «place des femmes en lutte». (photo: AFP)

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Comment se débarrasser de Christophe Colomb? Le pouvoir de la gauche nationaliste au Mexique règle ses derniers comptes avec l’Espagne, un important partenaire économique européen, avec des discours indigénistes qui ont ponctué cette année le double anniversaire de la conquête et de l’Indépendance. C’est jour de fête nationale mardi en Espagne, pour célébrer la «découverte» de l’Amérique attribuée à Christophe Colomb en 1492. À Mexico, les autorités évoquent, de leur côté, «la résistance indigène».

Et la statue de l’amiral a été retirée il y a un an de la place qui porte son nom. Sur le socle vide, des féministes ont érigé la silhouette d’une femme, poing levé vers les gratte-ciel du paseo de la Reforma, miroir du capitalisme mexicain. Elles ont rebaptisé l’endroit «place des femmes en lutte». A terme, la statue de Colomb va être remplacée par celle d’une femme indigène olmèque, a annoncé la maire de Mexico, Claudia Sheinbaum, proche du président Andres Manuel Lopez Obrador.

Il s’agit d’un hommage à cinq siècles de «résistance indigène», a ajouté Mme Sheinbaum, petite-fille de migrants juifs ayant quitté l’Europe au XXe siècle. La statue de Colomb «ne peut pas revenir à sa place», estime l’historien Federico Navarrete. «Tenter d’imposer ce récit raciste et colonialiste (…) n’a plus de sens», dit-il.

«Pardon»

Haute de six mètres, érigée en 1877, la statue est en cours de restauration. L’œuvre du sculpteur français Charles Cordier (1827-1905) devrait être réinstallée dans le très chic quartier Polanco, a décidé le Comité des monuments de la capitale. En cette année d’anniversaires, le gouvernement mexicain a exigé une nouvelle fois que l’Espagne et le Vatican demandent «pardon» pour les brutalités envers les «peuples originaires» à l’occasion des 500 ans de la conquête du Mexique en 1521.

Le pape argentin François a reconnu des «pêchés» au Mexique, dans une lettre à l’épiscopat lue par le président le jour du bicentenaire de l’Indépendance de 1821, le 27 septembre.

(L'essentiel/afp)