Fusées et missiles

20 mai 2013 15:35; Act: 20.05.2013 15:42 Print

«Une grave provocation» de la Corée du Nord

Pyongyang a effectué au total cinq tirs de missile de courte portée en trois jours, le dernier lundi. Tous en direction de la Mer du Japon.

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Le cinquième tir lundi a été confirmé par un porte-parole du chef d'état-major des armées de Corée du Sud, qui ignorait s'il s'agissait de tests de missiles guidés ou de fusées tirées de lanceurs multiples. «Nous cherchons à en savoir plus sur la nature précise de ces essais», a déclaré le porte-parole. La Corée du Nord a lancé trois missiles de courte portée samedi, et un quatrième dimanche, à partir de sa côte orientale et vers la mer du Japon, probablement dans le cadre de manoeuvres militaires, selon la Corée du Sud. Séoul a aussitôt critiqué ces actes, les qualifiant de «grave provocation».

De tels tirs se sont déjà produits mais ils surviennent cette fois après une période de très forte tension sur la péninsule coréenne, causée par une nouvelle vague de sanctions de la communauté internationale vis-à-vis de Pyongyang, après un tir de fusée et un troisième essai nucléaire. Pyongyang a estimé lundi que «l'entraînement militaire (...) est un droit intouchable d'une nation souveraine», dans un communiqué publié par le Comité pour la réunion pacifique de la Corée.

Portée de 160 km

Le porte-parole du ministère sud-coréen a refusé d'identifier ces missiles, mais il pourrait s'agir, selon la presse sud-coréenne, de missiles sol-sol KN-02, dont la portée peut attendre 160 km. Il y a quelques semaines, au plus fort de la crise, Pyongyang semblait prêt à tester des missiles de moyenne portée, plusieurs engins ayant été amenés sur des pas de tir le long de la côte. Ils ont été retirés début mai, selon des observations américaines. Washington et Séoul craignent en effet que des essais du missile de moyenne portée Musudan ne relancent les tensions.

Les Musudan ont une portée estimée à entre 2500 et 4000 km, une distance suffisante pour atteindre la Corée du Sud et le Japon, et éventuellement les bases américaines situées sur l'île de Guam dans le Pacifique. Ces tirs de missiles, même de courte portée, inquiètent le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon. Il «demeure préoccupé par les provocations et les tensions dans la péninsule coréenne, surtout étant donné les risques de mauvais calcul et d'escalade dangereuse», a indiqué dimanche son porte-parole Martin Nesirky.

«Il est temps de reprendre le dialogue»

Via une agence de presse russe, M. Ban a dit son espoir que Pyongyang cesse ses tirs de missiles et reprenne les négociations. «Nous sommes très inquiets de l'acte provocateur de la Corée du Nord», a dit M. Ban, qui était à Moscou après avoir rencontré vendredi le président russe Vladimir Poutine à Sotchi, sur la mer Noire. Moscou était le plus important allié de Pyongyang à l'époque soviétique, mais son influence a nettement diminué au cours des deux dernières décennies. Par ailleurs, la marine nord-coréenne a arraisonné ce mois-ci un bateau de pêche chinois, selon l'agence officielle Chine nouvelle. Cet incident pourrait peser sur les relations entre les deux alliés, déjà tendues après la récente crise autour du programme nucléaire nord-coréen.

Le conseiller chinois pour les questions nord-coréennes a accusé Pyongyang de s'être emparé du chalutier immatriculé à Dalian alors qu'il naviguait entre la Chine et la péninsule coréenne. Selon le propriétaire du bateau, l'incident s'est produit le 5 mai et les autorités de Pékin en ont été averties cinq jours plus tard. Pyongyang réclame 600 000 yuans (environ 75'000 euros) pour restituer le chalutier et ses 16 membres d'équipage, dit-il. De tels incidents sont relativement fréquents. L'an dernier, la Corée du Nord avait retenu plusieurs bateaux chinois pendant deux semaines avant de les laisser partir.

(L'essentiel Online/ats)