Au Mexique

22 février 2020 14:37; Act: 22.02.2020 14:39 Print

Une «grève des femmes» sans précédent

Après une recrudescence de violence faites aux femmes, un collectif féministe mexicain appelle à la grève le 9 mars prochain.

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Le pays a été bouleversé récemment par le meurtre sauvage d'une jeune femme de 25 ans par son conjoint et par la mort d'une fillette de sept ans torturée par plusieurs personnes.

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Les responsables politiques mexicains, du président jusqu'aux membres du Congrès, ont exprimé leur soutien vendredi à une «grève nationale des femmes» sans précédent prévue le 9 mars. Elle vise à protester contre la recrudescence des violences faites aux femmes.

L'initiative a été lancée mardi à travers les réseaux sociaux par le collectif féministe Brujas del Mar, originaire de l'État de Veracruz (est), avec le slogan «El nueve ninguna se mueve» («Le neuf personne ne bouge»).

«Que les femmes manifestent, elles ont toutes ce droit, elles sont libres. Notre gouvernement garantit le droit d'être en désaccord», a commenté vendredi le président Andres Manuel Lopez Obrador lors de son point de presse quotidien, assurant que les femmes choisissant de faire grève ne subiront «pas de représailles».

Selon des chiffres officiels qui sont sans doute en-dessous de la réalité, le Mexique a enregistré 1006 féminicides en 2019, soit un bond de 136% depuis 2015. Le pays a été bouleversé récemment par le meurtre sauvage d'une jeune femme de 25 ans par son conjoint et par la mort d'une fillette de sept ans torturée par plusieurs personnes.

Pas de sanctions

La maire de Mexico Claudia Sheinbaum a dit avoir ordonné aux organismes dépendants de la municipalité de ne pas prendre de sanctions contre les grévistes. Mêmes directives du côté des instances judiciaires, des sénateurs et députés du pays ainsi que des universités publiques et privées, que les grévistes soient des employées ou des étudiantes.

Le géant des médias Televisa a fait savoir vendredi dans un communiqué que ses employées avaient «toute liberté» de se joindre à la grève nationale sans «aucune conséquence sur leur situation professionnelle».

Beatriz Gutierrez Müller, épouse du président mexicain, a soutenu la grève dans un premier temps, allant même jusqu'à partager jeudi l'appel à mobilisation sur les réseaux sociaux, avant de changer de pied quelques heures plus tard et de soutenir un mouvement anti-grève sous le slogan «Le 9 je me bouge!».

(L'essentiel/afp)