Cour suprême américaine

21 septembre 2020 22:53; Act: 22.09.2020 10:46 Print

Une juriste accusée de mêler sa foi et le Droit est favorite

Catholique pratiquante, ultraconservatrice et contre l’avortement, Amy Coney Barrett est la grande favorite pour succéder à Ruth Bader Ginsburg à la Cour suprême des États-Unis.

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Amy Coney Barrett est la mère de sept enfants dont deux adoptés originaires d’Haïti et un petit dernier atteint d’une trisomie. (photo: KEYSTONE)

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La juge Amy Coney Barrett, pressentie pour remplacer Ruth Bader Ginsburg à la Cour suprême des États-Unis, est très appréciée par les conservateurs en raison de ses valeurs religieuses traditionnelles qui, selon ses détracteurs, orientent sa lecture du Droit.

En 2018, elle avait déjà figuré parmi les favoris de Donald Trump pour un poste à la haute Cour, qui fut finalement attribué à Brett Kavanaugh, après une féroce bataille politique. À 48 ans, elle pourrait à son tour faire une entrée mouvementée au sein du temple du Droit américain. Son profil, aux antipodes de la très féministe et progressiste «RBG», divise en effet les Américains.

Sept enfants

Catholique pratiquante, mère de sept enfants dont deux adoptés originaires d’Haïti et un petit dernier atteint d’une trisomie, Amy Coney Barrett, est par conviction personnelle opposée à l’avortement.

Après une enfance à la Nouvelle-Orléans, dans le sud conservateur des États-Unis, elle a suivi des études brillantes à la faculté de droit Notre Dame, une institution confessionnelle réputée de l’Indiana, où elle a ensuite été professeure pendant quinze ans.

En début de carrière, Amy Coney Barrett a travaillé pour le juge conservateur de la Cour suprême Antonin Scalia, dont elle a épousé une vision «originaliste» du droit, qui impose de lire la Constitution comme elle a été pensée lors de son écriture. Cette universitaire, louée pour ses argumentaires ciselés, a en revanche une expérience limitée des tribunaux: elle ne siège comme juge fédérale que depuis 2017, après avoir été nommée par Donald Trump.

«Bruyamment»

Son processus de confirmation au Sénat, obligatoire en vertu de la Constitution américaine, avait déjà été houleux. «Le dogme religieux vit bruyamment en vous», lui avait reproché la sénatrice démocrate Dianne Feinstein.

La formule s’était retournée contre son auteure, taxée d’intolérance, et avait paradoxalement augmenté l’aura de la juge dans les milieux religieux. Le groupe ultraconservateur Judicial Crisis Network avait même fait produire des tasses à l’effigie de la magistrate surplombée de la citation. Sans se départir de son calme, Amy Coney Barrett avait assuré faire la distinction entre sa foi et «ses responsabilités de juge».

Mais ses détracteurs n’en sont pas convaincus et citent ses nombreux articles de doctrine juridique écrits depuis Notre Dame, et ses décisions plus récentes en tant que juge qui, selon eux, témoignent de son orientation idéologique.

À la cour d’appel fédérale de Chicago, elle a notamment pris des positions favorables aux armes à feu et défavorables aux migrants, aux femmes désirant avorter et à la loi sur l’assurance santé Obamacare que les républicains veulent démanteler.

«Royaume de Dieu»

Un de ses discours, prononcé devant des étudiants de Notre Dame, lui est fréquemment reproché. Se présentant comme une «juriste d’un style différent», elle avait estimé qu’une «carrière légale» était «un moyen au service d’une cause» et que cette dernière était «de construire le Royaume de Dieu».

Si elle entrait à la Cour suprême, «la juge Barrett, qui s’est même opposée à l’accès à la contraception, serait un fléau pour les droits des femmes à la santé reproductive», estime Daniel Goldberg, le directeur de l’Alliance for Justice, un lobby légal progressiste. «Elle rejoindrait les autres juges nommés par Trump pour faire du mal à notre pays pour des décennies, bien après son départ de la Maison-Blanche», prédit-il.

À l’inverse, les milieux conservateurs louent une femme «brillante», «impressionnante». Preuve de sa popularité, sur Internet, ses fans l’ont même représentée en tenue de Superman.

(L'essentiel/AFP)

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Les commentaires les plus populaires

  • croix le 22.09.2020 10:02 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    La tolérance, le respect et l’amour, en ça je crois...!!!

  • Novichok le 22.09.2020 10:46 Report dénoncer ce commentaire

    Que dit elle sur Navalny?

  • Kompromats le 22.09.2020 11:20 Report dénoncer ce commentaire

    Ah mon avis, ils ont tort de critiquer l'agent Trump, qui est Président et a tous les droits!

Les derniers commentaires

  • Rigoberta Menchu le 22.09.2020 11:32 Report dénoncer ce commentaire

    Excellent choix cette juge constitutionaliste. En particulier sa défense du 2nd Amendment.

    • Unicorn.lu d'URSS/Russie le 22.09.2020 12:07 Report dénoncer ce commentaire

      Tout à fait d'accord avec Roboberta !

  • Kompromats le 22.09.2020 11:20 Report dénoncer ce commentaire

    Ah mon avis, ils ont tort de critiquer l'agent Trump, qui est Président et a tous les droits!

  • Novichok le 22.09.2020 10:46 Report dénoncer ce commentaire

    Que dit elle sur Navalny?

  • croix le 22.09.2020 10:02 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    La tolérance, le respect et l’amour, en ça je crois...!!!

  • Charles le 22.09.2020 07:43 Report dénoncer ce commentaire

    Sur les dollars on peut lire : « In God We trust », où est alors le problème. Ce pays est croyant, n’en déplaise aux « autres »

    • Historien le 22.09.2020 09:14 Report dénoncer ce commentaire

      Ce pays est devenu progressivement croyant, il ne l'était pas dans ses belle années. Le 'In God We Trust' n'a été approuvé par le congrès qu'en 1956 puis imprimé sur les billets en 1957. Les pères fondateurs doivent se retourner dans leur tombes, leur rêve de pays libre acceptant toutes les religions mais dans la sphère privée uniquement n'est plus...

    • NoComent le 22.09.2020 13:05 Report dénoncer ce commentaire

      @Historien, tout à fait d'accord avec vous. Les États-Unis retournent progressivement au Moyen-Age et ça ne va pas s'arranger avec une femme qui se targue d'avoir 7 enfants élevés par leur nounou