Diplomatie internationale

22 janvier 2019 08:32; Act: 22.01.2019 10:12 Print

Une lettre prie Pékin de libérer deux Canadiens

Dans une lettre ouverte, d'ex-diplomates appellent la Chine à libérer les deux Canadiens soupçonnés d'espionnage.

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Michael Kovrig (à droite) et Michael Spavor.

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D'anciens diplomates et des chercheurs de nombreux pays ont signé une lettre ouverte adressée au président chinois Xi Jinping, appelant à la libération de deux Canadiens détenus en Chine et soupçonnés d'espionnage. L'ex-diplomate Michael Kovrig et le consultant Michael Spavor ont été arrêtés, le mois dernier.

Ils sont soupçonnés d'avoir mené des activités «menaçant la sécurité nationale». Ces interpellations sont largement perçues en Occident comme des mesures de rétorsion après l'arrestation, début décembre, à Vancouver, sur demande de la justice américaine, de Meng Wanzhou, la directrice financière du géant chinois des télécoms Huawei. Ancien employé de l'ambassade du Canada à Pékin, Michael Kovrig travaille aujourd'hui pour le cabinet de réflexion International Crisis Group, où il est spécialisé sur la Chine. Michael Spavor facilite les voyages en Corée du Nord, comme ceux de l'ancienne star de NBA, Dennis Rodman.

Trudeau se félicite de ce nouveau soutien

La lettre ouverte, datée de lundi, affirme que les activités des deux Canadiens servaient à améliorer la compréhension de la Chine à l'étranger et à promouvoir ses relations avec le reste du monde. «Les détentions de MM. Kovrig et Spavor envoient le message que ce type de travail constructif n'est pas le bienvenu en Chine, et peut même être risqué», indique le texte, signé par 143 personnes de 19 pays.

Parmi les signataires figurent six ex-ambassadeurs du Canada en Chine (Fred Bild, Joseph Caron, Earl Drake, David Mulroney, Guy Saint-Jacques et Robert Wright), d'anciens ambassadeurs des États-Unis en Chine (Gary Locke et Winston Lord) et le dernier gouverneur britannique de Hong Kong (Chris Patten).

Le Premier ministre canadien Justin Trudeau, qui avait attisé la colère des autorités chinoises en jugeant ces détentions «arbitraires», s'est félicité de ce nouveau soutien. «Nous encouragerons toujours nos amis, nos alliés à souligner que le Canada défend l'État de droit et tous les pays devraient défendre l'État de droit», a-t-il déclaré à plusieurs journalistes à Ottawa. «Ce principe très clair nous a bien servis ces dernières décennies, notre système judiciaire est indépendant de toute interférence politique et c'est une chose que le Canada défendra toujours», a-t-il poursuivi.

(L'essentiel/afp)