Brésil

08 novembre 2019 07:44; Act: 08.11.2019 11:07 Print

Une «machine de guerre culturelle» au gouvernement

Roberto Alvim, nommé secrétaire à la Culture du président brésilien Jair Bolsonaro, fait la guerre aux idées de gauche.

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Roberto Alvim.

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Le président d'extrême droite du Brésil, Jair Bolsonaro, a nommé jeudi, au Secrétariat à la Culture de son gouvernement, Roberto Alvim. Ce metteur en scène est déterminé à mener une «croisade» contre les idées progressistes. La nomination de Roberto Alvim, 46 ans, a été confirmée dans une édition spéciale du Journal Officiel. Il occupait le poste de directeur du Centre des Arts de la scène de la Fondation nationale des arts (Funarte), organe public qui régit le spectacle vivant au Brésil.

Peu après son élection, il y a un an, le président Bolsonaro avait annoncé la disparition du ministère de la Culture, transformé en simple secrétariat du ministère de la Citoyenneté. Mais jeudi matin, le Journal Officiel annonçait cette fois que le secrétariat à la Culture, qui correspond à un secrétariat d'État, serait désormais placé sous la tutelle du ministère du Tourisme. Le ministre du Tourisme, Marcelo Álvaro Antônio, est mis en cause depuis plusieurs semaines dans un scandale de candidatures fictives lors des dernières élections générales.

Nombreuses critiques

Roberto Alvim avait suscité un tollé fin juin, peu après sa nomination à la tête de la Funarte, en lançant sur les réseaux sociaux un appel à «créer une machine de guerre culturelle» avec le soutien d'artistes «alignés avec les valeurs conservatrices». «On peut dire que c'est un combat similaire à celui des croisades. Nous nous battons pour notre civilisation judéo-chrétienne, contre sa destruction par les forces progressistes», avait-il affirmé à l'AFP en juillet.

En septembre, il avait également causé l'indignation en critiquant sur les réseaux sociaux un monument de la culture brésilienne, la comédienne Fernanda Montenegro, 90 ans, lauréate de l'Ours d'argent au festival de Berlin en 1998 pour le film «Central do Brasil». Un de ses prédécesseurs au poste de secrétaire à la Culture, Henrique Pires, avait claqué la porte fin août en affirmant qu'il préférait «être au chômage» que d'«applaudir à la censure».

Les critiques ont fusé ces dernières semaines dans les milieux artistiques contre le gouvernement Bolsonaro, accusé de censurer des projets culturels, notamment sur des thématiques LGBT, en les privant d'accès à des subventions publiques.

(L'essentiel/afp)