À Hong Kong

18 août 2019 12:27; Act: 19.08.2019 10:36 Print

Une nouvelle manifestation monstre

Des dizaines de milliers de manifestants opposés au gouvernement de Pékin manifestent dans le calme, ce dimanche, dans les rues du territoire dépendant de la Chine.

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Des dizaines de milliers de personnes se sont rassemblées au Parc Victoria de Hong Kong. (photo: AFP/Philip Fong)

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Des dizaines de milliers de personnes ont commencé à défiler dimanche à Hong Kong lors d'une manifestation se voulant «pacifique» pour prouver que le mouvement prodémocratie reste populaire en dépit des violences et des menaces d'intervention de Pékin. L'image de la mobilisation débutée en juin et qui est sans précédent dans l'ex-colonie britannique a été ternie cette semaine par des scènes de violences à l'issue de cinq jours de sit-in dans l'aéroport.

Et pour couper court aux accusations de «terrorisme» qui ont émané du gouvernement central chinois, un appel à un rassemblement «rationnel et non-violent», ce dimanche, avait été lancé par le Front civil des droits de l'Homme (FCDH), l'organisation non violente qui était à l'origine des manifestations géantes de juin et juillet. Des dizaines de milliers de personnes se sont d'abord massées sous une pluie battante dans le Parc Victoria, au cœur de l'île de Hong Kong. Et nombre de manifestants ont ensuite commencé à marcher en direction du quartier d'Admiralty, plus à l'ouest, bravant l'interdiction de la police qui n'avait autorisé qu'un rassemblement statique dans le parc. Nombre de manifestants avaient encore pour mot d'ordre la dénonciation des violences policières.

«La police fait des blessés»

«La façon dont la police a géré tout ça est totalement déplacée», confiait à l'AFP James Leung, un manifestant. «Vous pouvez vous faire votre propre jugement». D'autres reconnaissaient une hausse de la violence dans les rangs des contestataires, les manifestations dégénérant de plus en plus souvent en heurts entre la police et des radicaux n'hésitant plus à lancer des pierres ou des cocktails molotov, et à utiliser des frondes.

«Certains ont une façon extrême d'exprimer leurs vues», concédait à l'AFP Ray Cheng, 30 ans en reconnaissant que cela plaçait la mobilisation dans une position délicate. «Je suis contre la violence», expliquait de son côté Mrs Wong, 54 ans. Mais ils sont en colère». «Et même les radicaux ne font que casser des vitres, ils ne blessent pas les gens alors que la police fait des blessés», accusait-elle en montrant une photo d'une femme qui a été touchée à l'œil par un projectile vraisemblablement tiré par la police.

Radicalisation

La région semi-autonome traverse depuis début juin sa crise la plus grave depuis sa rétrocession à la Chine en 1997, avec des manifestations et des actions quasi quotidiennes pour demander, notamment, le suffrage universel. Dix semaines après la manifestation inaugurale du 9 juin, le mouvement n'a presque rien obtenu de l'exécutif hongkongais pro-Pékin.

Cette absence d'avancée a poussé le mouvement vers la radicalisation, comme l'a illustré cette semaine le blocage de l'aéroport de Hong Kong, où des centaines de vols ont été annulés. L'image de la mobilisation, jusqu'alors très populaire, a aussi été ternie par l'agression à l'aéroport de deux personnes soupçonnées d'être des espions pro-Pékin. D'où les avertissements de plus en plus cinglants du pouvoir central chinois, qui a assimilé les manifestants à des «terroristes» et menacé d'intervenir dans le territoire.

«Nous ne lâcherons rien»

En dépit de l'arrestation de plus de 700 personnes depuis deux mois, la contestation ne plie pas, avec des actions quasi quotidiennes, sous des formes extrêmement diverses. Samedi, des milliers d'enseignants avaient défilé sous une pluie torrentielle. Une foule encore plus importante s'était aussi rassemblée dans deux quartiers situées sur la partie continentale du territoire, au nord de la baie de Hong Kong.

«Si la tactique de Pékin et Hong Kong est de laisser notre mouvement mourir à petit feu, ils ont tort. Nous ne lâcherons rien», a lancé Bonnie Leung, une porte-parole du FCDH, ajoutant que «nous voulons montrer au monde entier que les Hongkongais sont pacifistes».

(L'essentiel/afp)