Chili

03 décembre 2019 15:59; Act: 03.12.2019 16:55 Print

Une prime versée à plus d'un million de familles

Le président chilien Sebastian Piñera a annoncé mardi, une bonne nouvelle à 1,3 million de familles pour atténuer les effets de la crise sociale qui secoue le pays.

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Le Chili est en proie à une crise sociale depuis plus de six semaines. (photo: AFP/Pablo Vera)

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«Nous allons déposer un projet de loi devant le Parlement qui permet d'accorder une prime de 100 000 (pesos chiliens, soit 124 dollars environ) à 1 336 000 familles chiliennes», a déclaré durant un déplacement le chef de l'État de droite dont le gouvernement multiplie les annonces économiques. Lundi, ce dernier a mis 5,5 milliards de dollars sur la table pour tenter de résoudre la crise sociale et faire repartir l'activité économique qui s'est effondrée en octobre, alors qu'éclatait le mouvement de protestation.

Le ministre des Finances, Ignacio Briones, a annoncé un plan de soutien à l'économie, avec au programme une augmentation des dépenses publiques en 2020 de quelque 3 milliards de dollars, une aide financière de 1,9 milliard de dollars aux PME (petites et moyennes entreprises) et 525 millions de dollars de mesures diverses, comme la reconstruction du métro de la capitale Santiago, très endommagé depuis le début de la crise, le 18 octobre.

La plus grave révolte sociale depuis Pinochet

Le plan gouvernemental devrait permettre de créer 100 000 emplois supplémentaires, selon le ministre, et entraîner une augmentation de 9,8% des dépenses publiques en 2020 par rapport à 2019. Le déficit budgétaire pourrait atteindre 4,4% du PIB. L'annonce est intervenue le jour même où la Banque centrale chilienne annonçait un fort repli, de -3,4%, de l'activité économique du pays, la pire performance depuis celle enregistrée en 2009 (-3,5%), au plus fort de la crise financière internationale.

La crise sociale s'est déclenchée le 18 octobre, avec des manifestations d'étudiants contre une hausse du prix du ticket de métro qui se sont muées en une révolte sociale d'ampleur, la plus grave depuis la fin de la dictature du général Augusto Pinochet (1973-1990). Les Chiliens protestent contre les inégalités qui règnent dans un pays à l'économie prospère et où l'État est selon eux défaillant dans les domaines de l'éducation, de la santé et des retraites.

Depuis 46 jours, le mouvement a fait 23 morts, dont cinq après l'intervention des forces de l'ordre, et plus de 2 000 blessés.

(L'essentiel/afp)