«Complicité de torture»

28 novembre 2021 11:31; Act: 28.11.2021 13:08 Print

Une société de technologies mise en examen

Le logiciel «Cerebro» aurait permis au régime égyptien de capturer des opposants. Les ONG estiment qu’il y a environ 40 000 prisonniers politiques en Egypte.

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Photo d’illustration. (photo: Science Photo Library via AFP)

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La société française Nexa Technologies, accusée d’avoir vendu du matériel de cybersurveillance au régime égyptien qui lui aurait permis de traquer des opposants, a été mise en examen en octobre pour «complicité d’actes de torture et de disparitions forcées», a appris dimanche l’AFP de source proche du dossier. Cette mise en examen a été prononcée par la juge d’instruction chargée des investigations le 12 octobre, environ quatre mois après celles de quatre dirigeants et cadres de la société, selon cette source, confirmée par une source judiciaire. Contacté par l’AFP, l’avocat de Nexa Technologies, Me François Zimeray, n’a pas souhaité faire de commentaires.

Une information judiciaire avait été ouverte en 2017 à la suite d’une plainte de la FIDH et de la LDH déposée avec le soutien du Cairo Institute for Human Rights Studies (CIHRS). Celle-ci s’appuyait sur une enquête du magazine Télérama révélant la vente en mars 2014 «d’un système d’écoute à 10 millions d’euros pour lutter – officiellement – contre les Frères musulmans», l'opposition islamiste en Égypte.

«Cerebro»

Appelé «Cerebro», ce programme permet de traquer en temps réel les communications électroniques d’une cible, à partir d’une adresse mail ou d’un numéro de téléphone par exemple. Les ONG accusaient ce logiciel d’avoir servi la vague répressive contre les opposants d’Abdel Fatah al-Sissi, qui selon le Cairo Institute for Human Rights Studies (CIHRS) s’est traduite par «plus de 40 000 prisonniers politiques en détention en Égypte». L’enquête menée par le «pôle crimes contre l’humanité» du tribunal judiciaire de Paris a ainsi pour but de déterminer si un lien entre l’utilisation de la surveillance et la répression peut être démontré.

Nexa est dirigée par d’anciens responsables d’Amesys, visée par une autre information judiciaire depuis 2013 pour avoir vendu au régime de Mouammar Kadhafi entre 2007 et 2011 un logiciel appelé à l’époque «Eagle» – ancêtre de «Cerebro» – et qui aurait servi à arrêter des opposants libyens. Dans cette enquête, Amesys et celui qui en fut le président jusqu’en 2010 ont aussi été mis en examen en juin.

(L'essentiel/AFP)

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Les commentaires les plus populaires

  • Marianne le 28.11.2021 12:30 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    aucune déclaration tv larmoyante du president, cette fois? lui qui nous dit "entendre" les français, faudra lui demander comment la prochaine fois, je pense

  • Hop la le 29.11.2021 08:29 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Les voitures sont aussi des armes. On fait quoi ? On arrête de les produire et on les mets tous au tribunal ? Parfois il y a des commentateurs qui devraient rester au lit.

  • ixion le 28.11.2021 14:37 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Et les producteurs de drogue ? Il est temps de tenir pour responsable à la fois ce genre d’entreprise et il est vrai les vendeur d’armes également ! Ok c’est un outil mais chacun ses responsabilités !

Les derniers commentaires

  • Hop la le 29.11.2021 08:29 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Les voitures sont aussi des armes. On fait quoi ? On arrête de les produire et on les mets tous au tribunal ? Parfois il y a des commentateurs qui devraient rester au lit.

  • bwiltz le 29.11.2021 06:40 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Cette société n’a rien fait de mal ! Mettre des allumettes dans les mains d’un pyromane et ensuite attaquer le fabriquant d’allumette n’a aucun sens !

  • lea le 28.11.2021 17:06 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Chacun a son niveau doit assumer ses responsabilités de près ou de loin

  • ixion le 28.11.2021 14:37 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Et les producteurs de drogue ? Il est temps de tenir pour responsable à la fois ce genre d’entreprise et il est vrai les vendeur d’armes également ! Ok c’est un outil mais chacun ses responsabilités !

  • lorrain le 28.11.2021 12:37 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    c’est comme si vous attaquiez les producteurs d’armes pour crime contre l’humanité, l’arme n’est qu’un outil, cette application, c’est pareil

    • Fre20 le 28.11.2021 14:21 Report dénoncer ce commentaire

      Oui, comme le producteur et le vendeur de drogue et celui qui l'achète. Idem pour le tabac.