Au Brésil

12 octobre 2018 08:19; Act: 12.10.2018 10:39 Print

Une vague d'agressions liées à la présidentielle

Des agressions en lien avec la campagne électorale ont lieu au Brésil. Les craintes sont fortes de voir le pays sombrer dans la violence si l'extrême droite arrive au pouvoir.

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Moa do Katendè, figure connue de l'art martial afro-brésilien, a reçu douze coups de couteau dans un bar, après une discussion politique. (photo: AFP)

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Attaques physiques et menaces contre des adversaires politiques, des journalistes ou des homosexuels laissent redouter un déchaînement de violences si Jair Bolsonaro, grandissime favori, est élu chef de l'État, le 28 octobre. Julyanna Barbosa, une transsexuelle, attendait son autobus mercredi à Nova Iguaçu, dans la banlieue de Rio de Janeiro, quand elle a été attaquée par un groupe de vendeurs ambulants lui criant: «Il faut que Bolsonaro gagne pour virer toutes ces ordures de la rue!», a raconté l'ancienne chanteuse du groupe funk Furação 2000.

«Je suis allée leur demander des explications et l'un d'eux m'a donné un coup de barre de fer sur la tête», a-t-elle poursuivi. «Je suis tombée et ils se sont jetés sur moi». Cette agression lui a valu, en dehors de la frayeur, dix points de suture sur le crâne. Sur un campus universitaire de Curitiba (Sud), un jeune qui portait un bonnet du Mouvement des travailleurs sans terre (MST), connu pour ses occupations de propriétés foncières par des paysans et des indigènes, a été battu mardi, ont rapporté des médias locaux.

137 agressions sur des journalistes

Lundi, c'est un célèbre maître de capoeira, Moa do Katendè, âgé de 63 ans, qui a été assassiné à Salvador, capitale de l'État nordestin de Bahia, pour avoir eu le malheur de dire qu'il votait pour Fernando Haddad, l'adversaire de gauche de Bolsonaro. Cette figure connue de l'art martial afro-brésilien a reçu douze coups de couteau dans un bar, après une discussion politique. Le suspect a assuré que son crime n'avait rien à voir avec la politique.

«Presse poubelle!» a rapidement tweeté le favori de la présidentielle, «l'assassin du maître de capoeira n'est pas un électeur de Bolsonaro». Par ailleurs l'Abraji (Association brésilienne de journalisme d'investigation) a enregistré 137 agressions - 62 physiques et 75 sur les réseaux sociaux - contre des journalistes en lien avec la campagne électorale. La multiplication de ces violences a poussé les deux candidats de la présidentielle à tenter de calmer les esprits mercredi.

«On ne répond pas à la violence par la violence», a lancé Fernando Haddad, du Parti des travailleurs (PT, gauche). Bolsonaro, qui a coutume de mimer avec les doigts des pistolets, s'est borné à «déplorer» ces agressions, tout en rappelant qu'il avait été lui-même la victime de l'intolérance. Un attentat au couteau, le 6 septembre, alors qu'il faisait campagne, a failli lui coûter la vie.

(L'essentiel/afp)