Au Liban

29 octobre 2019 22:03; Act: 30.10.2019 15:56 Print

Vaincu par la rue, le Premier ministre démissionne

Les promesses faites au début des manifestations n’auront pas suffi: Saad Hariri a annoncé sa démission ce mardi, pour la plus grande joie du peuple.

storybild

Après treize jours de manifestations contre la corruption, Saad Hariri annonce sa démission. (photo: AFP/Ibrahim Chalhoub)

Sur ce sujet
Une faute?

Brandissant des ballons rouges, blancs et verts aux couleurs du drapeau national, partout visibles dans la foule, des milliers de manifestants se sont rassemblés sur une place de Tripoli. Bastion traditionnel du Premier ministre, Saad Hariri, la grande ville sunnite du nord du Liban, a laissé exploser sa joie immédiatement après l'annonce de la démission du gouvernement.

«Aujourd'hui, c'est un grand exploit que la révolution a réalisé», exulte Mohamed, 32 ans, sur la place Al-Nour, où les manifestants restent mobilisés depuis le 17 octobre pour réclamer le renversement de toute la classe politique accusée d'incompétence et de corruption.

Pour fêter ça, on offre du café, des jus de fruit et des douceurs orientales. «Merci Saad Hariri ...», peut-on lire sur une pancarte brandie par une femme. Dans un coin, des manifestants se font peindre sur les joues le mot «révolution» ou le dessin d'un cèdre, l'emblème du pays. Ailleurs dans les rues, des voitures appellent au mégaphone les habitants à se joindre à la fête.

Tripoli que l'on croyait conservatrice a surpris depuis le début de la mobilisation, avec ses raves nocturnes qui n'avaient rien à envier à celles des boîtes de nuit branchées de Beyrouth. «On va rester dans les rues jusqu'à ce que toutes nos demandes se concrétise», avertit Mohamed. Car ce soir les slogans restent inchangés: «Révolution, révolution!», «Tous, ça veut dire tous», «Le peuple veut la chute du régime».

«Dabké endiablée»

«Nous allons rester dans la rue, le plus important c'est de faire tomber le pouvoir», renchérit Obeida, un homme de 29 ans. «Le pouvoir doit aller à des gens qui ne font pas partie du sérail politique». Tima Samir, 35 ans et maman de deux enfants, considère elle aussi que la bataille est loin d'être terminée. «Ce qu'on veut, c'est la chute de tout le système politique», martèle-t-elle.

À 130 km plus au sud, la ville de Saïda, dont la famille Hariri est originaire, est aussi en fête. Épaule contre épaule, de jeunes garçons se sont lancés dans une dabké endiablée, tandis que d'autres battent le tambour. «Désormais, nous pouvons dire que la rue a gagné!», se félicite Atef al-Abrik. «La rue a forcé le gouvernement à démissionner».

C'est la première fois qu'Ahed Madi voit sa ville natale ainsi. «Cette joie, c'est inhabituel pour Saïda. C'est la première fois qu'on célèbre une démission», rit-il. Au cœur de Beyrouth, centre névralgique de la contestation, les célébrations sont d'abord restées plus timides.

Juste avant le discours du Premier ministre, devant le siège du gouvernement, des assaillants ont attaqué le principal site de rassemblement, détruisant et incendiant les tentes érigées par les manifestants. Mais après l'allocution, la place des Martyrs, et celle voisine de Riad el-Solh, se sont remplies.

«La prochaine étape, c'est la formation d'un gouvernement de transition avec des indépendants», assure Gilles. «La balle est dans le camp des politiques».

(L'essentiel/afp)

Vous venez de publier un commentaire sur notre site et nous vous en remercions. Les messages sont vérifiés avant publication. Afin de s’assurer de la publication de votre message, vous devez cependant respecter certains points.

«Mon commentaire n’a pas été publié, pourquoi?»

Notre équipe doit traiter plusieurs milliers de commentaires chaque jour. Il peut y avoir un certain délai entre le moment où vous l’envoyez et le moment où notre équipe le valide. Si votre message n’a pas été publié après plus de 72h d’attente, il peut avoir été jugé inapproprié. L’essentiel se réserve le droit de ne pas publier un message sans préavis ni justification. A l’inverse, vous pouvez nous contacter pour supprimer un message que vous avez envoyé.

«Comment s’assurer de la validation de mon message?»

Votre message doit respecter la législation en vigueur et ne pas contenir d’incitation à la haine ou de discrimination, d’insultes, de messages racistes ou haineux, homophobes ou stigmatisants. Vous devez aussi respecter le droit d’auteur et le copyright. Les commentaires doivent être rédigés en français, luxembourgeois, allemand ou anglais, et d’une façon compréhensible par tous. Les messages avec des abus de ponctuation, majuscules ou langages SMS sont interdits. Les messages hors-sujet avec l’article seront également supprimés.

Je ne suis pas d’accord avec votre modération, que dois-je faire?

Dans votre commentaire, toute référence à une décision de modération ou question à l’équipe sera supprimée. De plus, les commentateurs doivent respecter les autres internautes tout comme les journalistes de la rédaction. Tout message agressif ou attaque personnelle envers un membre de la communauté sera donc supprimé. Si malgré tout, vous estimez que votre commentaire a été injustement supprimé, vous pouvez nous contacter sur Facebook ou par mail sur feedback@lessentiel.lu Enfin, si vous estimez qu’un message publié est contraire à cette charte, utilisez le bouton d’alerte associé au message litigieux.

«Ai-je le droit de faire de la promotion pour mes activités ou mes croyances?»

Les liens commerciaux et messages publicitaires seront supprimés des commentaires. L’équipe de modération ne tolérera aucun message de prosélytisme, que ce soit pour un parti politique, une religion ou une croyance. Enfin, ne communiquez pas d’informations personnelles dans vos pseudos ou messages (numéro de téléphone, nom de famille, email etc).

L'espace commentaires a été désactivé
L'espace commentaires des articles de plus de 48 heures a été désactivé en raison du très grand nombre de commentaires que nous devons valider sur des sujets plus récents. Merci de votre compréhension.

Les commentaires les plus populaires

  • Prenez l'exemple le 30.10.2019 14:17 Report dénoncer ce commentaire

    Enfin une démocratie. Bcp devrez prendre l'exemple partout sur terre

Les derniers commentaires

  • Prenez l'exemple le 30.10.2019 14:17 Report dénoncer ce commentaire

    Enfin une démocratie. Bcp devrez prendre l'exemple partout sur terre