Au Japon

07 décembre 2018 07:51; Act: 07.12.2018 10:12 Print

Vers une mise en examen de Ghosn et de Nissan

Le patron d'industrie, soupçonné d'avoir dissimulé une partie de ses revenus, et le groupe Nissan, devraient être inculpés lundi, par le bureau des procureurs de Tokyo.

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Carlos Ghosn, qui nie toute malversation financière, reste PDG du constructeur automobile français Renault, mais a été démis de ses fonctions de président des conseils d'administration de Nissan et Mitsubishi Motors. (photo: AFP)

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Le bureau des procureurs de Tokyo a décidé d'inculper Carlos Ghosn, soupçonné d'avoir dissimulé une partie de ses revenus, ainsi que le groupe Nissan en tant qu'entité morale, rapporte vendredi, le quotidien économique Nikkei. La mise en examen devrait intervenir dès lundi, fin de la période de garde à vue du patron d'industrie, arrêté le 19 novembre, à Tokyo, pour avoir, selon les enquêteurs japonais, omis de déclarer aux autorités boursières environ 5 milliards de yens (38 millions d'euros) de revenus sur cinq années.

M. Ghosn, qui nie toute malversation financière, reste PDG du constructeur automobile français Renault, mais a été démis de ses fonctions de président des conseils d'administration de Nissan et Mitsubishi Motors. Son bras droit Greg Kelly, interpellé en même temps que lui, va aussi être inculpé, indique Nikkei, qui ne nomme pas ses sources. Selon le journal, le parquet va en outre engager des poursuites à l'encontre de Nissan, jugeant que la responsabilité de l'entreprise est également engagée, car elle est l'entité ayant remis les rapports incriminés aux autorités boursières.

Loin de son style de vie fastueux

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Son patron exécutif, Hiroto Saikawa, a signé des documents discutant de la rémunération de M. Ghosn comme consultant, après son départ du groupe, a affirmé Nikkei, selon lequel les procureurs doutent qu'il ait été impliqué dans la dissimulation de revenus. Contacté par l'AFP, le parquet s'est refusé à tout commentaire. De son côté, Nissan a rappelé «qu'il coopérait pleinement» avec le parquet, qui a déclenché son enquête après avoir reçu les résultats d'une investigation interne menée ces derniers mois par le constructeur dans le plus grand secret.

Par ailleurs, les procureurs vont requérir un nouveau mandat d'arrêt contre Carlos Ghosn, sur des nouveaux soupçons de minoration de revenus sur trois années supplémentaires, pour un montant de 4 milliards de yens (31,2 millions d'euros environ), avaient affirmé plus tôt dans la semaine plusieurs médias japonais. Concrètement, cela va relancer une procédure de garde à vue pouvant durer 22 jours à partir de lundi. Les investigations pourraient aussi ultérieurement être étendues à d'autres motifs, Nissan reprochant à son ancien sauveur d'avoir commis des abus de biens sociaux, tels que l'usage de résidences de luxe aux frais du groupe. Loin de son style de vie fastueux, M. Ghosn, dont l'arrestation a provoqué un coup de tonnerre dans le monde des affaires, séjourne à présent dans une cellule d'un établissement pénitentiaire du nord de Tokyo. Ses avocats ne peuvent assister aux auditions et les visites sont très limitées.

(L'essentiel/afp)