Au Japon

11 juin 2019 13:40; Act: 11.06.2019 14:01 Print

Visite guidée de la prison où était détenu Ghosn

Le Centre de détention de Tokyo, où se trouvait l'ex-puissant patron de l'alliance Renault-Nissan Carlos Ghosn, a ouvert ses portes à quelques journalistes étrangers.

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La prison où se trouvait le magnat de l'automobile, Carlos Ghosn, est située dans le quartier de Kosuge, à Tokyo. Une prison sans barreaux aux fenêtres ni mur d'enceinte, des sols qui brillent, des parois immaculées, des cellules propres et des équipements médicaux dernier cri: c'est ici que Carlos Ghosn, soupçonné de malversations financières, a passé plus de 120 jours au total. L'incarcération en ces lieux de l'ex-puissant patron de l'alliance Renault-Nissan a suscité un déchaînement de critiques mondiales sur la dureté des règles pénitentiaires en vigueur au Japon et sur son système judiciaire qualifié de «justice de l'otage» par laquelle un suspect pourrait être détenu indéfiniment dans l'attente d'une confession.

«Nous pensons que les conditions de détention sont bonnes», affirme cependant le directeur, Shigeru Takenaka. Ce site gris, dont les bâtiments modernes ont été achevés en 2012, a une capacité de 3 010 détenus, mais n'est occupé qu'à moins de 60% avec 1 758 occupants. Leur nombre (2 211 en 2008) a décru pour se stabiliser depuis 2013 à peu près à ce niveau, explique Shigeru Takenaka. L'ensemble est composé d'un bâtiment principal, en forme de croix, et de diverses constructions alentours, sur un terrain de plus de 150 000 m².

La discipline transpire de partout

La discipline transpire de partout dans ces lieux aseptisés. Sans les serrures sur les portes le long de couloirs sans âme, les gardiens en tenue et quelques autres indices, on se croirait davantage dans un hôpital que dans une prison peuplée à 90% d'hommes, de quelque 40 nationalités. Les détenus sont encadrés par un règlement extrêmement strict que plus de 800 employés font respecter, mais l'hygiène y semble impeccable: aucune saleté ni odeur nulle part.

«Les menus sont préparés par des nutritionnistes, ils sont équilibrés», ajoute le directeur en présentant des plateaux d'échantillons. Autour du bol de riz central (l'équivalent du pain pour un Occidental), il y a un plat principal avec quelques légumes et du poisson ou de la viande, ainsi qu'une soupe, ce trois fois par jour. La quantité peut cependant sembler juste pour des personnes dans la force de l'âge (84% des occupants ont entre 20 et 59 ans). «Ceux qui ont des corpulences importantes ou travaillent ont droit à des portions plus grandes», insiste Shigeru Takenaka pour qui les critiques venues de l'étranger sur la nourriture apparaissent difficilement compréhensibles. Les détenus ou leur visiteurs peuvent acheter des friandises, des magazines et quelques autres produits dans une petite épicerie à l'intérieur de l'immeuble.

(L'essentiel/afp)