Journée des droits de l'homme

21 novembre 2019 11:26; Act: 21.11.2019 11:57 Print

«Vive Pinochet», l'hommage qui divise le Brésil

Le 10 décembre prochain, le parlement de l'État de São Paulo va rendre hommage à l'ancien dictateur chilien, lors de la Journée des droits de l'homme. Ce qui divise la population.

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Augusto Pinochet a dirigé le Chili d'une main de fer entre 1974 et 1990. (photo: Martin Bernetti)

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Le parlement de l'État de São Paulo va rendre hommage le 10 décembre, au dictateur chilien Augusto Pinochet (1973-1990), indique le programme de l'institution, cité mercredi par les médias brésiliens. Cet hommage a été fixé au 10 décembre, qui est la Journée internationale des droits de l'homme. «La cérémonie solennelle à la mémoire du président Augusto P. Ugarte» se tiendra à la demande du député régional Frederico D'Avila, du Parti social libéral (PSL), formation avec laquelle le candidat d'extrême droite Jair Bolsonaro a remporté l'élection brésilienne de 2018.

«Pinochet» est devenu mercredi le troisième sujet le plus commenté sur Twitter, au Brésil, après que les médias ont diffusé l'information. La question divise les internautes. «Mon père est une victime de la dictature de Pinochet. Il a été emprisonné, torturé. Rendre hommage à la personne responsable de l'un des plus grands crimes contre l'humanité, pendant la Journée des droits de l'homme, est plus qu'une offense lâche, c'est criminel», a tweeté @sebastianismos.

Un malaise

En revanche, d'autres internautes, tels que @KarpovCarlsen, ont défendu la cérémonie d'hommage à Pinochet. «Longue vie à Pinochet!!! La gauche, c'est des ordures». Le président Bolsonaro, qui a déjà rendu hommage à un tortionnaire de la dictature brésilienne et approuvé le régime militaire brésilien, a provoqué un malaise en septembre, en célébrant la répression exercée par la dictature chilienne et en faisant référence à la mort du père de l'ancienne présidente chilienne, Michelle Bachelet.

«Elle oublie que le Chili n'est pas devenu un (nouveau) Cuba grâce à ceux qui ont eu le courage de renverser la gauche en 1973, parmi ces communistes, son père», avait écrit le président brésilien. Il réagissait à des propos de Mme Bachelet, actuelle Haut Commissaire aux droits de l'homme des Nations unies, qui avait déploré un «rétrécissement de l'espace démocratique» au Brésil sous sa présidence. Le président chilien Sebastian Pinera, bien qu'étant un allié de M. Bolsonaro, avait condamné à l'époque les propos de son homologue brésilien.

(L'essentiel/afp)