Bain de sang à Gaza

15 mai 2018 07:09; Act: 15.05.2018 10:21 Print

Washington refuse une enquête indépendante

Le Conseil de sécurité de l'ONU se réunit mardi, au lendemain d'une flambée de violences à Gaza. Les soldats israéliens ont tué 55 Palestiniens durant les heurts de la veille.

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Un bébé palestinien est décédé après avoir inhalé du gaz lacrymogène pendant les heurts entre manifestants palestiniens et soldats israéliens à la frontière de la bande de Gaza, a annoncé mardi, le ministère de la Santé de l'enclave. Le bébé a été identifié comme étant Leila al-Ghandour, âgée de huit mois.

Le Conseil de sécurité de l'ONU doit se réunir mardi au lendemain de violences meurtrières à la frontière de la bande de Gaza, où les soldats israéliens ont tué 55 Palestiniens, lors de heurts et de manifestations contre l'inauguration de l'ambassade américaine à Jérusalem. Organisée à l'initiative du Koweït, la réunion est programmée à 16h, heure de Luxembourg, selon des sources diplomatiques.

La journée de lundi a été la plus meurtrière du conflit israélo-palestinien depuis la guerre de l'été 2014 dans la bande de Gaza. La direction palestinienne a crié au «massacre» alors que le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a justifié l'usage de la force par le droit d'Israël à défendre ses frontières contre les agissements «terroristes» du mouvement islamiste Hamas, qui gouverne Gaza et auquel Israël a livré trois guerres depuis 2008.

Pour leur part, les États-Unis ont bloqué lundi l'adoption d'un communiqué du Conseil de sécurité qui entendait exprimer son «indignation et sa tristesse face à la mort de civils palestiniens exerçant leur droit à manifester pacifiquement». L'ONG Amnesty International est allée jusqu'à évoquer des «crimes de guerre». L'Union européenne et Londres ont appelé à la retenue, Paris a «condamné les violences». L'Iran a dénoncé un «jour de grande honte». La Turquie a accusé Israël de «terrorisme d'État» et de «génocide», estimant que les États-Unis partageaient la responsabilité du «massacre» à Gaza.

Ces évènements ont suscité une vive inquiétude internationale. La Turquie et l'Afrique du Sud ont décidé de rappeler leur ambassadeur en Israël. Les adversaires d'Israël et des organisations de défense des droits de l'homme ont de nouveau condamné l'État hébreu pour usage disproportionné de la force. Ses tirs ont tué 109 Palestiniens depuis le début, le 30 mars, de la «Marche du retour», qui voit des milliers de Gazaouis se rassembler régulièrement le long de la barrière de sécurité entre Israël et l'enclave palestinienne.

Ce chiffre pourrait augmenter puisqu'une nouvelle mobilisation est prévue près de la frontière, mardi, jour où les Palestiniens commémorent la «Nakba», la «catastrophe» qu'a constitué pour eux la création d'Israël en 1948 et qui a été synonyme d'exode pour des centaines de milliers d'entre eux.

(L'essentiel/afp)