Aux États-Unis

27 octobre 2021 07:29; Act: 27.10.2021 10:51 Print

Washington retente l’extradition d'Assange

Washington avait fait appel de la décision d’une juge britannique, rendue en janvier dernier, de rejeter la demande américaine d’extradition de Julian Assange.

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Julian Assange, lors d’une conférence de presse le 5 décembre 2011 à Londres. (photo: AFP)

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Après un premier échec, les États-Unis reviennent à la charge mercredi devant la justice britannique pour obtenir l’extradition du fondateur de WikiLeaks Julian Assange, qu’ils poursuivent pour une fuite massive de documents. Après sept ans reclus à l’ambassade d’Équateur à Londres et deux ans et demi à la prison de haute sécurité de Belmarsh, l’Australien de 50 ans, considéré par ses partisans comme une victime d’attaques contre la liberté d’expression, a fait un pas majeur vers la liberté en janvier dernier.

La juge britannique Vanessa Baraitser avait alors rejeté la demande américaine d’extradition en raison du risque de suicide de Julian Assange, qui risque 175 ans de prison aux États-Unis. Mais Washington a obtenu de pouvoir faire appel de cette décision, remettant notamment en cause la fiabilité d’un expert qui avait témoigné en sa faveur. Le psychiatre, Michael Kopelman, avait en effet reconnu avoir trompé la justice en «dissimulant» le fait que son client était devenu père alors qu’il était cloîtré à l’ambassade d’Équateur à Londres.

Cet appel, qui doit se dérouler sur deux jours à la Haute Cour, constitue l’un des derniers recours pour Washington, qui, en cas de nouvelle défaite, n’aurait plus comme possibilité que de saisir la Cour suprême britannique, sans être assuré que cela lui soit accordé. En cas de victoire, ce ne serait pas la fin de l’affaire, qui serait alors renvoyée devant un tribunal amené à se prononcer sur le fond.

«Mal en point»

Julian Assange, soutenu par nombre d’organisations de défense de la liberté de la presse, est poursuivi pour avoir diffusé, à partir de 2010, plus de 700 000 documents classifiés sur les activités militaires et diplomatiques américaines, notamment en Irak et en Afghanistan.

Il a été arrêté par la police britannique en avril 2019 après avoir passé sept ans reclus à l’ambassade d’Équateur à Londres, où il s’était réfugié alors qu’il était en liberté sous caution. Il craignait une extradition vers les États-Unis ou la Suède, où il a fait l’objet de poursuites pour viol qui ont depuis été abandonnées. Selon sa compagne Stella Moris, qui lui a rendu visite en prison samedi, Julian Assange est «très mal en point». «Julian ne survivrait pas à une extradition, c’est la conclusion de la juge» en janvier, a-t-elle déclaré lundi.

«Julian veut pouvoir rentrer en Australie et voir sa famille, sa mère qu’il n’a pas vue depuis huit ans», a-t-elle expliqué, tout en reconnaissant que ce serait difficile car «l’Australie n’a rien fait pour assurer sa sécurité». Pour le rédacteur en chef de WikiLeaks, Kristinn Hrafnsson, il serait «impensable» que la Haute Cour de Londres parvienne à tout autre conclusion qu’une confirmation» du refus de remettre Assange à Washington.

«Menace permanente»

Samedi, des centaines de manifestants – munis de pancartes «N’extradez pas Assange», «Le journalisme n’est pas un crime» ou encore «10 ans, ça suffit, libérez Assange maintenant!» – se sont réunis devant la Haute Cour de Londres, aux côtés de Stella Moris, pour réclamer sa libération.

Plusieurs organisations de défense des droits humains et de la liberté de la presse – dont Amnesty International, Human Rights Watch et Reporters sans frontières -, «profondément inquiètes», ont demandé mi-octobre dans une lettre ouverte au procureur général américain d’abandonner ses poursuites.

Julian Assange se trouve sous le coup de poursuites lancées sous la présidence de Donald Trump. Sous son prédécesseur Barack Obama, qui avait Joe Biden pour vice-président, la justice américaine avait renoncé à poursuivre le fondateur de WikiLeaks. Mais l’élection de Joe Biden à la Maison-Blanche n’a pas apporté l’inflexion espérée par les soutiens de Julian Assange.

La directrice des campagnes internationales de Reporters sans frontières, Rebecca Vincent, a estimé que le président démocrate avait manqué l’occasion de se «distancer de ses prédécesseurs». «Les États-Unis semblent déterminés à poursuivre sur cette voie mais ce n’est pas inévitable», a-t-elle déclaré à la presse. «Cela doit cesser».

(L'essentiel/AFP)

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Les commentaires les plus populaires

  • LeTroll le 27.10.2021 09:45 Report dénoncer ce commentaire

    Julian Assange et Edward Snowden ont dévoilé des crimes graves perpétrés par l'Etat. Ayant éclaboussé les puissants, ils sont poursuivis. Il faut que celà arrête - tant les poursuites que ces crimes.

  • @CoolQuerdenker le 27.10.2021 08:30 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    Mieux vaut garder secret quand on détient des infos secrets ou classé confidentiels..

  • veritis le 27.10.2021 12:51 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    @DIGOS le fait qu'ils aient dit la vérité et certainement sauver des vies humaines cela ne vous touche pas beaucoup. des gens comme vous mériteraient la peine capitale

Les derniers commentaires

  • veritis le 27.10.2021 12:51 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    @DIGOS le fait qu'ils aient dit la vérité et certainement sauver des vies humaines cela ne vous touche pas beaucoup. des gens comme vous mériteraient la peine capitale

  • veritis le 27.10.2021 12:50 via via Mobile Report dénoncer ce commentaire

    le laisser partir là-bas c'est signer son arrêt de mort.

  • George le 27.10.2021 11:26 Report dénoncer ce commentaire

    direction les US ! ne pas confondre liberté d'expression et illégalité

  • g raison le 27.10.2021 10:19 Report dénoncer ce commentaire

    Ce type est simplement un traître. Il y a peu encore, son procès aurait été expéditif. Pour ceux qui ne seraient pas convaincus, demandez-vous simplement si vous l'embaucheriez, vu la confiance que vous pourriez avoir...

    • @g raison le 27.10.2021 11:43 Report dénoncer ce commentaire

      Un citoyen australien, n'ayant jamais mis les pieds aux Etats-Unis, serait traître pour avoir dévoilé des "secrets" (des crimes!) bien américains? Vous devriez revoir la définition.

    • George le 27.10.2021 13:00 Report dénoncer ce commentaire

      ce qu'il a fait est illégal, il doit payer la note ; ou bine doit-on considérer que l'anarchie s'est installeé ?

    • @George le 27.10.2021 13:54 Report dénoncer ce commentaire

      Il a publié des données, des vidéos, des preuves de crimes de guerre. Ce qu'aurait fait n'importe quel journaliste ayant accès à ces données. Il n'y a rien d'illégal là-dedans!

    • g raison le 27.10.2021 15:50 Report dénoncer ce commentaire

      @@g raison : sauf erreur de ma part, l'Australie faisait partie de la coalition de 2003.

    • @g raison le 27.10.2021 16:57 Report dénoncer ce commentaire

      Et alors? Pensez à Watergate, c'est là aussi un journaliste américain qui a sorti les secrets, alors qu'il était bien américain. Assimiler un journaliste à un traître, vraiment? Si vous voulez utiliser correctement le terme, pensez p.ex. à un certain ancien président qui s'est bien mis au lit avec un adversaire de longue date, sans l'avouer bien sur.

  • packtiech le 27.10.2021 09:48 Report dénoncer ce commentaire

    Incroyable combien de point sont en commun entre Biden et Trump! Comme par hasard ce sont les problèmes les plus importants en plus, d'accord sur l'Iran, sur l'Afghanistan, d'accord sur la Chin, Snowden et Assange et j'en passe.