Attentat de Christchurch

22 mars 2019 07:40; Act: 22.03.2019 14:36 Print

Wellington rend hommage aux victimes

Une semaine après l'attentat de Christchurch, un appel à la prière a été diffusé vendredi, dans tout le pays, suivi de deux minutes de silence.

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L'appel à la prière a été diffusé vendredi, dans toute la Nouvelle-Zélande, suivi de deux minutes de silence, pour rendre hommage aux 50 musulmans tués il y a une semaine par un extrémiste australien dans deux mosquées de Christchurch. Des milliers de personnes, dont la Première ministre Jacinda Ardern, se sont recueillies en silence dans un parc en face de la mosquée al-Nour, la première visée le 15 mars par le tueur. Ce massacre filmé et diffusé en direct sur Facebook a provoqué une onde de choc dans un archipel connu pour sa tolérance, sa faible criminalité et sa tradition d'accueil.

Depuis une semaine, les Néo-Zélandais se sont mobilisés en nombre pour des veillées ou encore des célébrations du traditionnel haka maori. Vendredi encore, des habitants allaient embrasser leurs voisins musulmans dans d'émouvants témoignages de solidarité. À 13h30 (1h30 au Luxembourg), le muezzin a lancé l'appel à la prière, qu'ont écouté des milliers de personnes rassemblées dans le Parc Hagley, près de la mosquée al-Nour. Cette prière a été relayée par les télévisions, les radios et sur de nombreux sites Internet. Le pays a ensuite observé deux minutes de silence, notamment lors de rassemblements organisés à Auckland, Wellington et plusieurs autres villes.

«Il y a un sentiment de joie»

En Australie, de l'autre côté de la mer de Tasman, de nombreuses personnes se sont également arrêtées à l'heure dite en signe de respect. L'imam de la mosquée al-Nour Gamal Fouda, qui dirigeait la prière, a dénoncé la haine tout en notant le formidable élan de solidarité apparu en Nouvelle-Zélande depuis la tragédie. «Je regarde et je vois l'amour et la compassion dans les yeux de milliers de compatriotes néo-zélandais et d'êtres humains dans le monde entier», a-t-il dit. «Ce terroriste voulait diviser notre Nation au nom d'une idéologie maléfique (...) Mais, au contraire, nous avons montré que la Nouvelle-Zélande était indivisible».

Une semaine après, la mosquée al-Nour demeure fermée, et des ouvriers s'efforcent de restaurer ses murs criblés de balles pour qu'elle rouvre au plus vite. Après la prière, vendredi, la tristesse a cédé la place à la communion entre musulmans et non-musulmans posant ensemble pour des photos devant l'impressionnant parterre de bouquets de fleurs. Ainsi Koro Tini, un Maori de 46 ans aux tatouages traditionnels très élaboré sur le visage et vêtu d'un costume indigène cérémonial, est-il venu embrasser un fidèle musulman. «Nous ne pensions pas poser pour des photos après la prière mais il y a des gens qui voulaient le faire», a expliqué M. Tini. «Il y a un sentiment de joie».

(L'essentiel/afp)