Syrie

04 août 2019 10:50; Act: 04.08.2019 10:54 Print

Zone tampon: des jihadistes veulent rester

Après l'entrée en vigueur d'une trêve, le principal groupe jihadiste à Idleb refuse tout retrait d'une future zone tampon.

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Après l'entrée en vigueur d'une trêve, le principal groupe jihadiste à Idleb refuse tout retrait d'une future zone tampon. (photo: AFP/Omar haj Kadour)

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Le chef du groupe Hayat Tahrir al-Cham (HTS, ex-branche syrienne d'al-Qaïda), Abou Mohamad al-Joulani, a dit samedi refuser tout retrait d'une future zone tampon dans la région d'Idleb, après l'entrée en vigueur d'une trêve dans cette zone du nord-ouest de la Syrie. Abou Mohamad al Joulania a fait cette déclaration lors d'une rencontre organisée par HTS avec des journalistes basés à Idleb.

Jeudi soir, le régime de Bachar el-Assad a proclamé une trêve dans cette région, dominée par HTS et meurtrie par trois mois de bombardements quasi-quotidiens menés par Damas et son allié russe. Le régime syrien a toutefois conditionné le respect du cessez-le-feu à l'application d'un accord conclu en septembre 2018 entre la Russie et la Turquie pour créer une «zone démilitarisée» dans la région d'Idleb, vide de toute présence djihadiste, .

«Ce que le régime n'a pas pris militairement et par la force, il ne l'obtiendra pas de manière pacifique par la négociation et la politique. Nous ne nous retirerons jamais de la zone» appelée à être démilitarisée, a affirmé Abou Mohamad al-Joulani.

Séparation

Cette future zone tampon, qui n'a jamais vu le jour depuis l'accord russo-turc en raison du refus des jihadistes de se retirer, doit séparer les territoires tenus par les jihadistes et les rebelles des zones attenantes contrôlées par le régime. «Nous ne changerons pas de position, ni à la demande des amis ni à celle des ennemis», a ajouté le chef de HTS, insistant sur le refus de son groupe de tout éventuel déploiement militaire russe dans la future «zone démilitarisée» comme le stipule l'accord entre Moscou et Ankara.

Cet accord a permis d'éviter une offensive d'envergure durant les premiers mois suivant sa signature, mais la violence a repris de plus belle fin avril. Les bombardements des forces du régime, épaulées par l'aviation russe sur la province d'Idleb et des zones des provinces d'Alep, de Hama et de Lattaquié, ont causé la mort de près de 790 civils selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH). Plus de 400 000 personnes ont été déplacées, d'après l'ONU, et des dizaines d'hôpitaux et d'écoles ont été endommagées.

Vendredi, HTS a averti qu'il riposterait à toute violation du cessez-le-feu par l'adversaire. «Tout bombardement ou agression» contre Idleb et ses environs «aboutira à la rupture du cessez-le-feu de notre part», a-t-il prévenu. Déclenchée en 2011 par la répression de manifestations prodémocratie, la guerre en Syrie a fait plus de 370 000 morts et déplacé des millions de personnes.

(L'essentiel/afp)