En Espagne

23 novembre 2017 13:05; Act: 23.11.2017 14:20 Print

Un procès pour viol collectif choque le pays

Cinq hommes sont jugés pour le viol d'une jeune femme de 18 ans. Des milliers d'Espagnoles se mobilisent cette semaine pour soutenir la victime présumée.

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Les faits se sont déroulés lors des fêtes de la San Fermin. (photo: Twitter)

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«Moi, je te crois»: des milliers d'Espagnoles se mobilisent cette semaine dans la rue et sur les réseaux sociaux pour soutenir la victime présumée d'un viol collectif à Pampelune, rejoignant le ras-le-bol planétaire de femmes victimes d'abus, déclenché par l'affaire Weinstein.

Les faits ont choqué l'Espagne: cinq Sévillans, âgés de 27 à 29 ans, sont jugés depuis la mi-novembre, accusés du viol collectif d'une jeune femme de 18 ans lors des fêtes de la San Fermin, qui attirent chaque année des centaines de milliers de touristes dans cette ville au nord du pays. Ils sont allés jusqu'à filmer l'acte, le 7 juillet 2016, avant d'être arrêtés dès le lendemain, puis inculpés pour agression sexuelle - catégorie comprenant les viols en Espagne - et placés en détention provisoire. Le parquet a requis 22 ans de réclusion pour les cinq, qui nient tout rapport non consenti avec la jeune femme et ne reconnaissent que le vol de son téléphone portable.

Une décision du juge a mis le feu aux poudres

La décision du juge d'inclure dans le dossier l'enquête d'un détective privé sur la vie de la plaignante a mis le feu aux poudres. La phrase «Yo si te creo» («Moi, je te crois») a envahi les réseaux sociaux, avant d'être taguée à Madrid et scandée par des milliers de femmes lors de rassemblements à travers le pays. «Ce qui est censé culpabiliser la victime de La Meute , semer le doute sur sa condition morale, c'est qu'elle osait sortir dans la rue, boire des verres avec ses amies, après avoir été violée, au lieu de rester chez elle toutes fenêtres fermées et la tête couverte de cendres», s'est étranglée à la radio l'écrivaine Almudena Grandes. «Une victime a le droit d'essayer de reconstruire sa vie et surtout de faire semblant qu'il ne lui est rien arrivé», a déclaré à des journalistes l'avocat de la plaignante, Carlos Bacaicoa.

«Devant la flagrance des faits, il y a encore des discours qui remettent en cause leur véracité», se désole Laura Nuño Gomez, directrice de l'observatoire de l'égalité des genres de l'université Rey Juan Carlos de Madrid. Les multiples rassemblements dans le pays viennent, pour cette juriste proche de la gauche radicale, d'une «accumulation de reculs» des droits des femmes.

(L'essentiel/nxp/afp)