Mort de George Floyd

10 avril 2021 08:59; Act: 11.04.2021 13:08 Print

Le médecin légiste accable Derek Chauvin

Les problèmes cardiaques et la drogue ne sont pas «les causes directes» de sa mort, provoquée par la violence de son arrestation, a affirmé le médecin ayant réalisé son autopsie.

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Le procès reprendra lundi. (photo: AFP/Brandon Bell)

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L’immobilisation imposée par les policiers et la compression de son cou étaient «trop fortes à supporter pour George Floyd, au regard de son état cardiaque», a expliqué Andrew Baker devant le tribunal de Minneapolis qui juge Derek Chauvin, un policier blanc de 45 ans. Il est accusé d’avoir tué George Floyd le 25 mai 2020 en maintenant pendant près de dix minutes son genou sur le cou de sa victime pour l’empêcher de se débattre.

George Floyd avait plusieurs fois crié «Je ne peux pas respirer» aux trois policiers qui le maintenaient allongé sur le ventre sur l’asphalte, les mains menottées dans le dos, en faisant pression sur son dos, son cou et ses côtes.

«Son cœur avait besoin de plus d’oxygène»

Pour l’accusation, cette pression a provoqué la mort de George Floyd, qui a peu à peu sombré dans l’inconscience par manque d’oxygène avant de décéder. La scène, filmée en direct par des passants, a fait le tour du monde et provoqué une immense vague de colère contre le racisme et les violences policières dans le monde.

Le quadragénaire à la carrure imposante avait notamment un cœur plus gros que la normale en raison d’une hypertension, a souligné le Dr Baker. «Son cœur avait donc besoin de plus d’oxygène et il avait une capacité limitée d’accélérer son rythme» car ses artères coronaires étaient rétrécies, a-t-il dit. La contrainte physique et la douleur «vont déclencher des hormones de stress, l’adrénaline va pousser votre cœur à battre plus vite pour avoir plus d’oxygène», a-t-il expliqué. Mais le cœur de George Floyd a lâché, incapable de soutenir ce rythme et en manque d’oxygène.

Pas de trace du Covid-19

L’avocat de Derek Chauvin, Eric Nelson, soutient que son client n’a pas causé la mort du quadragénaire et que celui-ci est mort d’une overdose combinée à des problèmes cardiaques. Il s’appuie sur la présence de fentanyl, un puissant opiacé, et de méthamphétamine, un stimulant, découverts lors de l’autopsie. La consommation de fentanyl peut aussi causer un manque d’oxygène en compliquant la respiration.

Andrew Baker a reconnu que la méthamphétamine faisait accélérer le rythme cardiaque, tout en précisant qu’une très faible quantité de drogue avait été détectée. Il a également démenti la thèse développée par la défense selon laquelle George Floyd était diminué après avoir été infecté par le coronavirus. «Ses poumons n’avaient pas de stigmates du Covid», a-t-il dit.

Face à Eric Nelson, il a indiqué n’avoir pas retrouvé de trace de pression sur le dos de George Floyd. Mais le médecin a confirmé que la mort était un homicide, c’est-à-dire en terme médical «quand les actes de quelqu’un sont impliqués dans la mort d’un individu».

(L'essentiel/afp)