Pédophilie en Lituanie

27 mars 2012 11:49; Act: 27.03.2012 12:23 Print

Une fillette était louée comme «jouet sexuel»

Une vidéo fait scandale en Lituanie. Elle met en scène des policiers qui veulent récupérer une petite fille placée chez une de ses tantes. Mais l'enfant a trop peur de retourner chez sa maman.

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La vidéo date de vendredi. On y voit un nombre impressionnant de policiers mobilisés pour récupérer Deimantele, une fillette de 7 ans, placée chez sa tante après une affaire de pédophilie. L'enfant hurle et s'agrippe aux bras de sa tante. Elle explique qu'elle ne veut pas retourner avec sa maman car elle craint de se faire violer de nouveau à cause d'elle. L'enfant traite sa mère, Laimuté Stankūnaitė, de menteuse, et fait tout pour ne pas retourner vivre l'enfer chez elle.

Deimantele est au centre d'un scandale de pédophilie qui avait secoué la Lituanie en 2009. Alors âgée de 4 ans, la petite fille avait raconté à son père, Drasius Kedys, que sa mère, dont il était séparée, l'amenait chez «des messieurs appelés Andrius, Jonas et Aidas» et qu'elle subissait des attouchements sexuels de leur part. Louée comme «jouet sexuel», elle était forcée de leur prodiguer des fellations et de recevoir leur sperme sur son corps.

Documents envoyés aux parlementaires européens et aux journalistes

Les abus sur Deimantele se passaient tous les week-ends chez sa mère ou dans des chambres d’hôtel. En retour, Laimuté Stankūnaitė recevait de l'argent d'après la petite fille. Le prix moyen étant de 1 000 euros la séance. Les pédophiles ont été identifiés par le père comme un important juge de Kaunas et deux autres magistrats.

Courant 2009, son père avait envoyé aux parlementaires européens et à des journalistes des documents pour appuyer les accusations et avait même placé sur Internet le témoignage de sa fille, notamment sur YouTube.

Le témoignage choc de Deimantele

Drasius Kedys avait aussi déposé une plainte à la police et lancé des accusations contre le juge qui violait régulièrement sa fille, mais le parquet local n'a pas mené d'enquête sérieuse. Drąsius Kedys a même été poursuivi pour le «montage d’une calomnie».

Menaces de mort contre la mère

Début octobre 2009, Drasius Kedys a décidé de faire justice lui-même. Il a exécuté de plusieurs balles le juge et sa belle-sœur qui était, elle aussi, impliquée dans l'affaire. Après ce geste de vengeance, il a mystérieusement disparu. En avril 2010, son cadavre a été retrouvé. L'homme de 38 ans, considéré comme un véritable héros en Lituanie, se serait fait assassiner à son tour. Le procureur en charge du dossier a toutefois estimé qu’il s’agissait d’une mort naturelle...

Sa fille avait été placée chez une tante et un oncle paternels par les services sociaux. Une récente décision de justice lituanienne a toutefois accordé sa garde à sa maman. Vendredi dernier, face à la résistance de Deimantele, la tentative de récupération a finalement échoué. Laimuté Stankūnaitė, qui veut toujours récupérer sa fille, a depuis reçu plusieurs menaces de mort, selon le site du journal local Lietuvos rytas. Un média qui estime que la fillette est victime d'un lavage de cerveau de sa famille d'accueil...

(L'essentiel Online/gco)