Union européenne

22 décembre 2017 07:20; Act: 22.12.2017 15:17 Print

Le nombre de migrants pourrait tripler d'ici 2100

Une étude scientifique estime que le nombre de demandeurs d'asile pourrait atteindre plus d'un million par an d'ici 2100.

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La crise migratoire est devenue un enjeu politique majeur au sein de l'Union européenne.

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L'accélération du réchauffement climatique pourrait multiplier par trois le nombre de migrants arrivant chaque année dans l'Union européenne, d'ici la fin du siècle. Il accentue un phénomène nourri par les guerres et les persécutions, selon une étude scientifique.

Les auteurs de cette étude, commandée par la Commission européenne et parue jeudi dans la revue Science, estiment que le nombre de demandeurs d'asile dans l'UE pourrait atteindre 1,01 million par an d'ici 2100, si de fortes hausses des températures affectent les récoltes dans leurs pays d'origine, notamment de maïs. La moyenne des années 2000-2014 se situe à 351 000.

Climat et migration

Entre 2000 et 2014, soit avant la crise migratoire de 2015 causée par la guerre civile en Syrie, le nombre de migrants a eu tendance à augmenter quand les températures dans les pays d'origine n'étaient pas propices à la récolte du maïs, soulignent les chercheurs.

«Beaucoup de choses peuvent se produire d'ici la fin du siècle - des pays peuvent devenir démocratiques, d'autres, des dictatures. C'est la meilleure estimation à l'heure actuelle», a dit l'un des auteurs, Wolfram Schlenker, professeur d'économie à l'Université de Columbia.

La crise migratoire est devenue un enjeu politique majeur au sein de l'Union européenne, destination principale d'un grand nombre de demandeurs d'asile. Lors d'une conférence dédiée aux risques climatiques et sécuritaires, des experts ont souligné le lien entre les changements climatiques et les flux migratoires, s'appuyant sur l'exemple de la pénurie d'eau en Irak.

Autres facteurs

L'étude dévoilée jeudi laisse d'autres chercheurs sceptiques, à l'image de Mike Hulme, professeur de géographie humaine à l'Université de Cambridge.

Les auteurs «notent que leur modèle ne fonctionne qu'avec le maïs et pas les autres récoltes de base. Le maïs ne constitue pas une culture importante dans la plupart des pays d'origine des migrants», dit Hulme, qui regrette que les auteurs ne tiennent pas compte de facteurs tels que les répressions politiques ou le faible niveau d'instruction.

(L'essentiel/nxp/ats)