Propositions jeudi prochain

02 juin 2012 13:33; Act: 02.06.2012 13:45 Print

L'espace Schengen très bientôt réformé?

La possibilité de rétablir le contrôle aux frontières extérieures de l'Espace Schengen sous conditions «exceptionnelles», sera discuté jeudi à Luxembourg.

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Cette possibilité avait été réclamée par la France et l'Allemagne dans une lettre commune. (photo: AFP)

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Les conclusions sur les nouvelles règles pour la gestion de l'Espace Schengen qui seront soumises jeudi prochain aux ministres de l'Intérieur de l'UE à Luxembourg sont fondées dans une très large mesures sur les demandes défendues par la France et l'Allemagne, a-t-on précisé. Le document de travail dont l'AFP a obtenu copie, prévoit la possibilité pour les Etats membres de Schengen de rétablir des contrôles à leurs frontières nationales «pour une durée de six mois pouvant être prolongée pour six mois supplémentaires», «lorsque le contrôle d'une frontière externe de l'Espace n'est plus assuré à cause de circonstances exceptionnelles».

Le rôle de la Commission dans le processus décisionnel reste toutefois encore sujet à débat, a reconnu un des négociateurs à l'issue d'une réunion de travail vendredi à Bruxelles. «Les ministres devraient trouver une position commune» jeudi, a toutefois indiqué un autre négociateur. Cette possibilité avait été réclamée par la France et l'Allemagne dans une lettre commune au ton comminatoire discutée par les ministres de l'Intérieur de l'UE lors de leur dernière réunion le 26 avril à Luxembourg.

Qu'en pense le nouveau gouvernement français?

Mais le gouvernement a changé en France après la victoire du socialiste François Hollande au second tour de l'élection présidentielle. «Pour nous, cette lettre n'existe plus», a déclaré vendredi la commissaire en charge des Affaires intérieures Cécilia Malmström. «Je n'ai pas encore discuté avec le nouveau gouvernement français, mais je suis certaine que la France aura une approche constructive lors de la prochaine réunion des ministres de l'Intérieur le 7 juin à Luxembourg», a-t-elle dit.

Mme Malmström s'est déjà entretenue par téléphone avec le nouveau ministre de l'Intérieur français, Manuel Valls, mais elle a confié que l'entretien n'avait pas porté sur le fond des dossiers en discussion. La requête franco-allemande mentionnait explicitement la lutte contre l'immigration clandestine comme justification de cette possibilité de rétablir des contrôles aux frontières nationales dans Schengen «en dernier ressort». La proposition préparée pour la réunion du 6 juin ne le fait pas. Elle utilise les termes «circonstances exceptionnelles». «Schengen n'est pas un outil pour gérer les migrations», soutient Cécilia Malmström.

Une position contestée par l'ancien ministre de l'Intérieur français Claude Guéant. «Schengen n'est pas seulement un traité de libre circulation, mais également de protection contre les entrées irrégulières. Mme Malsmtröm a tort de l'oublier», lui avait-il répondu le 26 avril.

(L'essentiel Online/AFP)