ABOLITION DE LA PROSTITUTION

06 juillet 2012 18:46; Act: 06.07.2012 18:47 Print

Les prostituées françaises disent «Non»

Une vingtaine de prostituées ont manifesté vendredi après-midi à Lyon contre l'abolition de la prostitution proposée par Najat Vallaud-Belkacem.

  • par e-mail

Derrière une banderole «Non à la pénalisation» accrochée aux grilles de l'Hôtel de ville, les prostituées s'étaient placées en ligne avec des pancartes appelant à la liberté, au «Ni proxo, ni patrons», et au «Bruit de la rue contre le silence des élus». «C'est la première fois que je milite mais c'était trop important, la ministre m'a énervée», déclare Évalou, une trentenaire masquée qui travaille à Lyon depuis dix ans. Seule avec deux enfants à charge, elle affirme que cette activité lui permet d'être «libre», et même «de partir en vacances quand ça marche bien».

Avec son projet présenté fin juin, la ministre Vallaud-Belkacem, également élue municipale à Lyon, entend «réduire les portes d'entrée vers la prostitution et multiplier les portes de sortie», par le biais de formations et de lutte renforcée contre les réseaux. «Taper sur les prostitués ne doit pas être la priorité d'une jeune ministre des Droits des femmes qui vient d'arriver. Elle ferait mieux de s'occuper des femmes violées, battues ou harcelées sexuellement. On veut qu'on nous laisse tranquilles, celles qui veulent sortir de la rue peuvent être aidées», poursuit Évalou.

Elles attendent des droits

Sur une table, une pétition contre la pénalisation des clients est disposée pour le public. A ses côtés, un homme est à terre, menotté par une plantureuse femme en costume de «policière sexy». «Si on met nos clients en prison, nous n'aurons plus de travail. La solution de nous pénaliser, nous punir, nous interdire, n'est pas bonne. On demande qu'on nous écoute», déclare Karen, porte-parole des filles de Lyon et membre du Syndicat du travail sexuel (Strass). Selon elle, la majorité des prostituées souhaitent «les mêmes choses que les autres travailleurs : des fiches de paie, le droit à la sécurité sociale, pouvoir louer un appartement et, surtout, de choisir son métier». Rarement rassemblées sur la place publique en pleine journée, les prostituées lyonnaises entendaient montrer «qu'on ne va pas se laisser faire», selon Évalou.

«Najat Vallaud-Belkacem a réanimé une vieille proposition qui date de 1999, quand la Suède a décidé de pénaliser les clients. Ce qui est terrible c'est qu'à part les Verts, aucun parti politique ne propose de solutions pour leur donner des droits», dit Jérôme, éducateur à Cabiria, une association de santé qui aide les prostituées. En 2011, l'association déclare avoir rencontré près de 1 120 travailleurs et travailleuses du sexe au cours de ses rondes diurnes et nocturnes à Lyon.»

(L'essentiel Online/AFP)

  • dino le 07.07.2012 11:51 Report dénoncer ce commentaire

    tout a fait daccord avec mario!

  • mario le 07.07.2012 00:14 Report dénoncer ce commentaire

    on devrait légiférer la prostitution en France comme en Allemagne! l'encadrement est mieux que la répression je pense! c'est leurs choux après tout!