Extrémisme en Allemagne

21 janvier 2015 18:23; Act: 21.01.2015 18:36 Print

Grimé en Hitler, le leader de Pegida démissionne

Le dirigeant du mouvement anti-islam a annoncé sa démission mercredi, après la parution dans la presse d'une photo le montrant affublé d'une petite moustache et d'une mèche à la Adolf Hitler.

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Lutz Bachmann s'est retiré de la direction de Pegida. (DR)

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«Oui, je quitte la direction» du mouvement, a déclaré M. Bachmann au quotidien populaire Bild, une information confirmée à l'AFP par la porte-parole de Pegida, Kathrin Oertel.

La photo qui a provoqué cette démission le montrait affublé d'une petite moustache et d'une mèche à la Adolf Hitler. La presse citait aussi des déclarations cinglantes de M. Bachmann sur les étrangers, que la justice allemande a dit «examiner». Interrogée par le quotidien à grand tirage Bild, Kathrin Oertel, l'une des figures de proue du mouvement, a confirmé l'authenticité de la photo, la qualifiant de «plaisanterie». La photo, publiée notamment par le Dresdner Morgenpost, un journal de Dresde, fief de Pegida situé dans l'est de l'Allemagne, et par Bild, montre M. Bachmann de profil, les cheveux humides plaqués sur le côté et arborant une petite moustache à l'image du dictateur nazi.

Selon le Dresdner Morgenpost, la photo aurait été prise «il y a quelque temps» et postée sur la page Facebook de Lutz Bachmann. Interrogé par Bild, le dirigeant de Pegida («Européens patriotes contre l'islamisation de la société»), mouvement anti-islam et hostile aux réfugiés, explique avoir fait ce cliché «chez le coiffeur» lors de la parution de la version audio d'un ouvrage satirique sur Hitler, «Il est de retour» de l'Allemand Timur Vermes (2012).

Il traite les réfugiés de «salauds» et de «bêtes»

Le cliché a déjà provoqué des remous au sein de Pegida: cette affaire «doit avoir des conséquences (...) Je ne veux rien avoir à faire avec quelque chose comme ça», a réagi auprès de Bild l'un de ses dirigeants, Rene Jahn, évoquant une réunion des instances dirigeantes du mouvement ce mercredi même.

Dimanche soir, sur la première chaîne de télévision publique allemande ARD, Kathrin Oertel avait souligné «avec fermeté» que Pegida n'était pas un mouvement xénophobe, après la diffusion d'images de manifestants des défilés de Pegida exprimant avec violence leur rejet des étrangers. Depuis le 20 octobre, les rangs des manifestants de Pegida n'ont cessé de grossir à Dresde, ville de l'ex-RDA communiste où vivent pourtant peu d'étrangers, rassemblant jusqu'à 25 000 personnes le 12 octobre. Il rencontre en revanche peu d'écho ailleurs en Allemagne où les anti-Pegida sont systématiquement beaucoup plus nombreux (100 000 lundi dernier dans tout le pays). Lundi, Pegida a dû renoncer à sa marche à Dresde en raison d'un «risque terroriste concret» visant précisément Lutz Bachmann. Celui-ci et Mme Oertel ont toutefois annoncé vouloir descendre à nouveau dans la rue lundi prochain. Le mouvement attendait 60 000 personnes à Leipzig ce mercredi soir. Une vingtaine d'associations ont appelé à une contre-manifestation.

(L'essentiel/AFP)