Persécutions au Cameroun

14 avril 2021 11:59; Act: 14.04.2021 12:00 Print

«La police nous a dit que nous étions le diable»

Les autorités ont arbitrairement arrêté, battu ou menacé au moins 24 personnes soupçonnées d'homosexualité ou pour non-conformité de genre, a indiqué mercredi, Human Rights Watch.

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Autrefois fréquentes, les arrestations pour des faits allégués d'homosexualité semblent repartir à la hausse au Cameroun. (photo: AFP/Reinnier Kaze)

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«Ces récentes arrestations et abus (depuis février 2021) suscitent de graves inquiétudes quant à la recrudescence des persécutions anti-LGBT au Cameroun», a déclaré Neela Ghoshal, directrice adjointe de la division LGBT à Human Rights Watch (HRW).

«La loi qui criminalise les comportements homosexuels fait courir aux personnes LGBT un risque accru d’être maltraitées, torturées et agressées sans aucune conséquence pour les auteurs de ces actes», a-t-elle ajouté.

Examen anal

Le 24 février à Bafoussam, dans la région de l’Ouest, des policiers ont fait une descente dans les bureaux de Colibri, une organisation qui fournit des services de prévention et de traitement du VIH et ont arrêté 13 personnes, dont sept membres du personnel de l'association, selon l'ONG de défense des droits humains. Ces 13 personnes ont été inculpées d’homosexualité, puis ont été libérées par la police les 26 et 27 février.

«La police nous a dit que nous étions le diable, que nous n’étions pas humains, pas normaux. Ils ont frappé une femme transgenre au visage, l’ont giflée deux fois devant moi», a déclaré une femme transgenre de 22 ans interpellée.

Examen anal

La police a également forcé une des 13 personnes arrêtées, une femme transgenre de 26 ans, à se soumettre à un test de dépistage du VIH et un examen anal, selon HRW.

«Le médecin était gêné, mais a dit qu’il devait faire l’examen parce que le procureur en avait besoin. J’ai dû me pencher en avant. Le médecin portait des gants et a inséré son doigt. C’était la chose la plus humiliante que j’aie jamais vécue», a-t-elle déclaré à HRW.

Au Cameroun, les pratiques homosexuelles sont interdites, la loi prévoyant des peines allant de 6 mois à 5 ans de prison et une amende pouvant aller jusqu'à 200 000 FCFA (300 euros) à l'encontre de toute personne qui entretient des rapports sexuels avec quelqu'un du même sexe. Autrefois fréquentes, les arrestations pour des faits allégués d'homosexualité ont sensiblement baissé ces dernières années au Cameroun, mais elles semblent repartir à la hausse depuis peu.

(L'essentiel/afp)