Aux États-Unis

16 septembre 2019 07:08; Act: 16.09.2019 10:07 Print

L'histoire secrète des animaux espions de la CIA

Chats, dauphins et corbeaux: l'agence de renseignement américaine a fait de nombreux tests durant une décennie pour utiliser des animaux à son profit.

storybild

La CIA avait recruté des ornithologues afin de déterminer quels oiseaux passaient régulièrement une partie de l'année dans une région située au sud-est de Moscou. (photo: AFP/Mladen Antonov)

Sur ce sujet
Une faute?

Les oiseaux ont longtemps été une figure centrale d'un programme de la CIA visant à entraîner des animaux afin d'aider Washington à vaincre l'Union soviétique durant la guerre froide. Jeudi, la puissante agence de renseignement a publié des dizaines de dossiers sur ces tests, qui se sont étendus sur une décennie et ont concerné chats, chiens, dauphins et toute sorte d'oiseaux.

La CIA étudiait la façon dont les chats pouvaient être utilisés comme des outils d'écoute itinérants -- des «véhicules de surveillance audio». Elle a également essayé de placer des implants dans le cerveau de chiens pour voir s'ils pouvaient être contrôlés à distance. Aucune de ces tentatives n'est allée très loin.

Saboteurs

Les efforts ont été plus poussés en ce qui concerne les dauphins, entraînés à devenir de potentiels saboteurs et à espionner le développement soviétique d'une flotte de sous-marins nucléaires, peut-être la plus grosse menace pour le pouvoir américain au milieu des années 1960.

Les projets Oxygas et Chirilogy cherchaient à déterminer si les dauphins pouvaient remplacer des plongeurs humains et placer des explosifs sur des navires amarrés ou en mouvement, se faufiler dans les ports soviétiques afin d'y laisser des balises acoustiques ou des outils de détection de missiles, ou encore nager aux côtés des sous-marins afin d'enregistrer leur signature acoustique. Ces programmes, eux aussi, ont été abandonnés.

«Capteurs vivants»

Mais l'imagination des responsables du renseignement s'est emballée autour des possibilités offertes par les oiseaux -- pigeons, faucons, hiboux, corbeaux, et même quelques oiseaux migratoires. Pour ces derniers, la CIA avait recruté des ornithologues afin de déterminer quels oiseaux passaient régulièrement une partie de l'année dans une région située au sud-est de Moscou, autour de la ville de Chikhany, où les soviétiques possédaient des usines d'armes chimiques.

L'agence voyait les oiseaux comme des «capteurs vivants» qui, grâce à la nourriture ingurgitée, révéleraient dans leur chair quelles substances les Russes étaient en train de tester. Au début des années 70, la CIA s'est tournée vers les rapaces et les corbeaux, dans l'espoir qu'ils puissent être entraînés pour des missions telles que déposer un micro enregistreur sur le rebord d'une fenêtre.

Mission compliquée

Pour un projet nommé Axiolite, des entraîneurs basés sur une île du sud de la Californie apprenaient aux oiseaux à voler sur des kilomètres au-dessus de l'eau. Si un candidat s'en sortait bien, il était ensuite choisi pour être introduit clandestinement en territoire soviétique, relâché discrètement avec une caméra accrochée à lui afin de réaliser des images, et revenir.

Une mission compliquée. Les cacatoès étaient intelligents mais «peut-être trop lents pour éviter les attaques» d'autres oiseaux. Deux faucons sont morts de maladie. Le plus prometteur était Do Da, le corbeau. Très endurant, il était la «star du projet», selon les écrits d'un scientifique. Capable de déterminer la bonne altitude et les bons vents, il était assez malin pour éviter les attaques de ses congénères.

Des pigeons à Leningrad

Mais sa séance d'entraînement, le 19 juin 1974, tourna mal. Il fut agressé par d'autres corbeaux, et plus jamais revu. Pour le plus grand malheur des scientifiques.

Autre pan majeur du programme: les pigeons, utilisés depuis deux millénaires comme des messagers puis, durant la Première Guerre mondiale, pour prendre des photos. Le défi posé par cette espèce est qu'elle travaille depuis un poulailler ou un perchoir familier. La CIA possédait des centaines de pigeons, qu'elle testait sur le territoire américain en les équipant de caméras. Bientôt, la cible fut déterminée: les chantiers navals de Leningrad (aujourd'hui Saint-Pétersbourg) où les soviétiques construisaient leurs sous-marins nucléaires.

Mais les résultats des entraînements étaient mitigés: certains pigeons s'enfuyaient avec de coûteuses caméras et ne revenaient jamais. Les documents publiés ne disent pas si l'opération de Leningrad a effectivement été tentée. Mais un rapport de la CIA de 1978 indiquait clairement que trop de questions se posaient quant à la fiabilité des oiseaux.

(L'essentiel/afp)

Vous venez de publier un commentaire sur notre site et nous vous en remercions. Les messages sont vérifiés avant publication. Afin de s’assurer de la publication de votre message, vous devez cependant respecter certains points.

«Mon commentaire n’a pas été publié, pourquoi?»

Notre équipe doit traiter plusieurs milliers de commentaires chaque jour. Il peut y avoir un certain délai entre le moment où vous l’envoyez et le moment où notre équipe le valide. Si votre message n’a pas été publié après plus de 72h d’attente, il peut avoir été jugé inapproprié. L’essentiel se réserve le droit de ne pas publier un message sans préavis ni justification. A l’inverse, vous pouvez nous contacter pour supprimer un message que vous avez envoyé.

«Comment s’assurer de la validation de mon message?»

Votre message doit respecter la législation en vigueur et ne pas contenir d’incitation à la haine ou de discrimination, d’insultes, de messages racistes ou haineux, homophobes ou stigmatisants. Vous devez aussi respecter le droit d’auteur et le copyright. Les commentaires doivent être rédigés en français, luxembourgeois, allemand ou anglais, et d’une façon compréhensible par tous. Les messages avec des abus de ponctuation, majuscules ou langages SMS sont interdits. Les messages hors-sujet avec l’article seront également supprimés.

Je ne suis pas d’accord avec votre modération, que dois-je faire?

Dans votre commentaire, toute référence à une décision de modération ou question à l’équipe sera supprimée. De plus, les commentateurs doivent respecter les autres internautes tout comme les journalistes de la rédaction. Tout message agressif ou attaque personnelle envers un membre de la communauté sera donc supprimé. Si malgré tout, vous estimez que votre commentaire a été injustement supprimé, vous pouvez nous contacter sur Facebook ou par mail sur feedback@lessentiel.lu Enfin, si vous estimez qu’un message publié est contraire à cette charte, utilisez le bouton d’alerte associé au message litigieux.

«Ai-je le droit de faire de la promotion pour mes activités ou mes croyances?»

Les liens commerciaux et messages publicitaires seront supprimés des commentaires. L’équipe de modération ne tolérera aucun message de prosélytisme, que ce soit pour un parti politique, une religion ou une croyance. Enfin, ne communiquez pas d’informations personnelles dans vos pseudos ou messages (numéro de téléphone, nom de famille, email etc).

L'espace commentaires a été désactivé
L'espace commentaires des articles de plus de 48 heures a été désactivé en raison du très grand nombre de commentaires que nous devons valider sur des sujets plus récents. Merci de votre compréhension.