Transparence financière

31 mai 2013 08:42; Act: 31.05.2013 11:31 Print

La banque vaticane veut «la note très bien»

Le nouveau président de la banque du pape a assuré que sous sa direction l'IOR ne se contenterait pas d'un «assez bien» de la part du groupe d'experts européens Moneyval.

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«Nous voulons stopper le temps des rumeurs. L'IOR n'a rien à cacher», assure Ernst von Freyberg, président de la banque du pape. (photo: AFP)

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Nommé en mars par Benoît XVI peu avant sa renonciation à l'Institut pour les œuvres de religion (IOR), l'industriel allemand a donné pour la première fois une série d'interviews, publiées vendredi par six journaux européens. Dans le quotidien français Le Figaro, Ernst von Freyberg explique que «l'objectif du Saint-Siège», est «d'obtenir la note "très bien" et non pas "assez bien" de la part de Moneyval», l'institut européen chargé d'évaluer les systèmes nationaux pour combattre le blanchiment d'argent.

M. Freyberg a dénoncé «la mauvaise communication» dans le passé de l'IOR. «La tradition ici c'était le silence… Mais quand vous ne parlez pas, c'est aussi une forme de message… Cela, nous le changeons à présent». «Nous avons pour la première fois réuni tout le personnel, une centaine d'employés, pour leur communiquer nos chiffres, nos résultats, nos plans et nos objectifs. Cela ne s'était jamais fait dans toute l'histoire de l'institut», a-t-il fait valoir. «Nous voulons stopper le temps des rumeurs. L'IOR n'a rien à cacher. Mais il n'osait pas s'exprimer. Ce temps est révolu», a-t-il promis.

18 900 clients à l'IOR

M. von Freyberg a indiqué que sur «un passé à la fois très beau et cependant troublé», par exemple avec la faillite du Banco Ambrosiano, il allait «demander à un historien indépendant de travailler sur l'histoire de l'IOR pour (y) voir clair». Mais il a aussi dénoncé «la calomnie». «Un seul exemple, le dernier en date: on nous accuse cette semaine d'être en lien avec la mafia et de cacher de l'argent de l'IOR au Luxembourg! Nous nous sommes donc, pour la première fois, défendus avec succès sur le plan légal contre ceux qui avaient répandu ces calomnies». M. Freyberg a expliqué qu'après le 11 septembre 2001, «un système international contraignant ayant été mis en place».

«Nous n'avons pas pris le train», a-t-il dit. «La crise financière a encore accentué la nécessité de contrôle des flux financiers. Nous n'avons pas vu à temps cette évolution car nous pensions faire partie des bons élèves, protégés par une sorte d'île au milieu du monde». Mais «cet écart doit être très rapidement comblé». Selon M. von Freyberg, «l'IOR est en bonne santé (...) La plus mauvaise surprise que j'aie trouvée tient à la façon dont nous sommes perçus». Le banquier a indiqué qu'en deux ans, les comptes d'environ 6 000 clients avaient été fermés: «Des comptes dormants ou peu utilisés». «Le cas typique est celui d'une religieuse qui vient étudier à Rome et repart en oubliant de fermer son compte». Selon M. von Freyberg, l'IOR a 18 900 clients et a maintenu le montant de ses actifs avec 7,1 milliards d'euros confiés par les clients.

(L'essentiel Online/AFP)