Crise migratoire

03 janvier 2018 15:57; Act: 03.01.2018 17:56 Print

Israël veut expulser des milliers de migrants

Le gouvernement israélien a annoncé mercredi le lancement d'un programme qui pourrait mener à l'expulsion de 40 000 migrants en situation irrégulière.

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Des migrants érythréens à Tel Aviv. (photo: AFP/Menahem Kahana)

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Le gouvernement israélien a annoncé mercredi le lancement d'un programme destiné à imposer à près de 40 000 migrants en situation irrégulière de choisir entre leur expulsion ou leur incarcération.

S'exprimant au début d'une réunion de son cabinet, le Premier ministre Benjamin Netanyahu s'est félicité de la mise en place de ce projet destiné à «faire partir les migrants entrés illégalement». Ceux-ci ont jusqu'à la fin mars pour quitter Israël, faute de quoi ils seront emprisonnés pour une durée indéterminée. Selon les chiffres du ministère de l'Intérieur, 38 000 personnes sont concernées, en majorité des Érythréens et des Soudanais. Les migrants qui accepteront de partir se verront remettre un billet d'avion et près de 3 000 euros.

Seuls 10 migrants ont obtenu le statut de réfugié

Dans le cadre de son programme d'expulsion, le gouvernement israélien reconnaît tacitement que les ressortissants de ces deux pays ne peuvent retourner chez eux. Le régime érythréen a été accusé par l'ONU de crimes contre l'humanité «généralisés et systématiques». Quant au Soudan, son président Omar el-Béchir fait l'objet de mandats d'arrêt de la Cour pénale internationale (CPI) pour crimes de guerre, contre l'humanité et génocide.

En novembre, le Haut-Commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR) avait exprimé son inquiétude face aux mesures du gouvernement israélien, rappelant notamment qu'Israël avait «des obligations légales s'agissant de la protection des réfugiés». Or, depuis que les autorités israéliennes ont pris en 2009 la responsabilité de déterminer qui entre dans cette catégorie, seuls huit Érythréens et deux Soudanais ont obtenu le statut, avait poursuivi le HCR. Deux cents ressortissants soudanais originaires du Darfour (ouest) ont eux obtenu un «statut humanitaire en Israël», avait-il précisé.

(L'essentiel/AFP)