Crise migratoire

17 février 2020 14:09; Act: 17.02.2020 14:27 Print

Athènes implore l'UE de l'aider pour le rapatriement

Le gouvernement grec demande aux dirigeants européens de l'aider à désengorger les camps sordides des îles égéennes, en rouvrant la voie aux renvois depuis leurs pays respectifs.

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Les camps sordides de Moria, Vial et Vathy, respectivement sur les îles de Lesbos, Chios et Samos, doivent être fermés d'ici l'été. (photo: AFP/Aris Messinis)

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Le ministre grec des Migrations, Notis Mitarachi, a indiqué ce lundi avoir demandé de l'aide à ses partenaires européens pour rapatrier si possible les demandeurs d'asile afghans. Selon le gouvernement grec, la grande majorité (actuellement 75%) des demandeurs d'asile vivant dans les camps des cinq îles de la mer Egée sont des Afghans, suivis par les Syriens.

«Nous avons demandé à l'Union européenne (UE) de contribuer à ouvrir la voie du retour (des migrants) dans leurs pays d'origine comme au Pakistan et en Afghanistan», a déclaré le ministre Notis Mitarachi, à la télévision publique ERT.

Durcissement de la politique migratoire

Selon le quotidien Kathimerini, Athènes a récemment envoyé une lettre en ce sens à la commissaire européenne Ylva Johansson, qui doit présenter au printemps un nouveau pacte sur la migration et l'asile.

Confronté à la reprise du flux migratoire de la Turquie vers la Grèce, le gouvernement de droite de Kyriakos Mitsotakis a durci sa politique migratoire et promis «l'accélération des renvois» des personnes non éligibles à une protection internationale, vers la Turquie ou vers leurs pays d'origine. Cette décision, qui est accompagnée d'une loi sur l'accélération de la procédure de l'octroi d'asile, a été vivement critiquée par de nombreuses ONG de défense des droits des réfugiés.

Protection internationale

En vertu du pacte UE-Ankara signé en mars 2016 pour limiter le flux migratoire vers l'Europe, les Syriens et les Afghans bénéficient d'une protection internationale. Outre la situation explosive dans les camps surpeuplés sur les îles, le gouvernement est actuellement confronté à la colère des insulaires et des autorités locales, qui protestent notamment contre l'annonce de réquisition de terres pour la construction de nouveaux camps fermés.

Pour apaiser leur colère, le ministre a donné lundi «une semaine de délai» aux insulaires pour que ces derniers «désignent de nouveaux sites» pour la construction des nouvelles infrastructures pour les migrants.

Les maires égéens démunis

Le ministre avait indiqué que les camps sordides de Moria, Vial et Vathy, respectivement sur les îles de Lesbos, Chios et Samos, seraient fermés d'ici l'été et remplacés par des centres fermés dont la construction doit commencer en mars.

Les maires des îles égéennes ont demandé de nouveau lundi, au gouvernement, d'accélérer les transferts des demandeurs d'asile vers le continent pour réduire leur nombre dans les camps.

Dimanche, une nouvelle manifestation a eu lieu dans le nord de la Grèce: des habitants du village Makriyalos, près de Thessalonique, ont protesté contre le transfert de 150 demandeurs d'asile des îles, dans un pensionnat désaffecté de leur village.

(L'essentiel/afp)