Artiste luxembourgeoise

17 janvier 2016 17:32; Act: 21.01.2016 18:53 Print

Déborah de Robertis arrêtée pour exhibition sexuelle

LUXEMBOURG/PARIS - L'artiste luxembourgeoise a été arrêtée et placée en garde à vue pour exhibitionnisme, après s'être allongée nue, samedi, devant un tableau de Manet.

storybild

Deborah de Robertis devant le tableau de Manet.

op Däitsch
Sur ce sujet
Une faute?

Samedi après-midi, alors que le public profitait des derniers jours de l'exposition «Splendeurs et misères, Images de la prostitution 1850-1910», l'artiste luxembourgeoise Déborah de Robertis s'est dénudée et allongée, dans la même position que la jeune femme sur le célèbre tableau «Olympia» d'Édouard Manet. Elle a alors été arrêtée et placée en garde à vue pour exhibition sexuelle, a-t-on appris ce dimanche de sources concordantes. La garde à vue de Déborah de Robertis se poursuivait dimanche, après une interruption dans la nuit pour raisons médicales, selon son avocat, Tewfik Bouzenoune.

L'avocat de l'artiste a dénoncé une mesure disproportionnée. «Mettre un artiste en garde à vue, c'est un très mauvais signal», a-t-il protesté. «Cette mesure de contrainte, qui est l'expression d'une pudibonderie judiciaire inquiétante, s'adresse à tous les artistes performeurs qui souhaitent s'exprimer de manière trop libre dans l'espace public», a ajouté Me Bouzenoune.

Pas un coup d'essai pour l'artiste

«Elle portait une caméra portative pour pouvoir filmer la réaction du public. Il s'agit d'une performance artistique», a précisé Me Bouzenoune. «Il y avait beaucoup de monde devant le tableau. Les agents ont bien réagi, ils ont fermé la salle, lui ont demandé de se rhabiller. Comme elle a refusé, la police a été appelée et l'a emmenée», a expliqué une porte-parole du musée d'Orsay, qui a porté plainte pour exhibition sexuelle. Des sources policière et judiciaire ont confirmé son placement en garde à vue.

Déborah de Robertis n'en est pas à son coup d'essai. En mai 2014, toujours au musée d'Orsay, elle avait exposé son sexe devant «L'origine du monde» de Gustave Courbet. Le musée avait déjà porté plainte, a indiqué la porte-parole.

(L'essentiel/AFP)