En France

23 novembre 2017 13:24; Act: 23.11.2017 14:23 Print

Des outils de torture vendus dans un salon

Plusieurs «équipements de torture illégaux» étaient exposés sur un stand au salon Milipol organisé à Paris, selon Amnesty International.

Milipol Paris est un salon bisannuel international strictement réservé aux professionnels du secteur de la sécurité intérieure des États.

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Matraques à pointes, boucliers à décharges électriques, fourches antiémeute: Amnesty International a découvert des «équipements de torture illégaux» à un salon international organisé à Paris et consacré à la sécurité intérieure des États, qui a décidé d'expulser un exposant.

«Le stand en question a été immédiatement fermé, mercredi soir, sous contrôle d'huissiers», a déclaré jeudi la directrice du salon, Muriel Kafantaris, et l'exposant a été définitivement interdit d'exposer au salon Milipol. «Le responsable d'Amnesty International était là mardi jour d'ouverture du salon avec nous. Il nous a fait part de son rapport», a-t-elle ajouté. Selon Mme Kafantaris, le seul produit dont il a fait mention à ce moment là était «un bracelet à impulsion électrique» présent sur le stand chinois incriminé. «Je ne sais pas d'où sont sortis» les autres équipements mentionnés par l'ONG, a ajouté Mme Kafantaris. Par ailleurs, les quatre exposants qui proposaient à la vente des produits illicites sur catalogues «ont reçu un courrier d'avertissement», a-t-elle ajouté.

Des règles bafouées

«Des instruments de torture effrayants tels que des matraques électriques et de lourdes entraves pour les pieds sont censés être interdits dans l'UE. Alors pourquoi en trouve-t-on en vente à Paris aujourd'hui?», s'interroge Ara Marcen Naval, conseillère sur le contrôle des armes à Amnesty, dans un communiqué. «En ne faisant pas appliquer la législation, la France permet aux tortionnaires de venir faire leur marché. Milipol est le premier véritable test grandeur nature pour la nouvelle réglementation de l'UE sur les instruments de torture, et il est très inquiétant de constater que ces règles sont déjà bafouées, moins d'un an après leur entrée en vigueur», déplore l'ONG.

Amnesty International exhorte les autorités françaises à enquêter «de toute urgence» sur l'importation de ces objets illégaux: «Elles doivent mettre en place des mesures garantissant la stricte application de la législation de l'UE afin que personne et qu'aucun pays ne continue de tirer bénéfice de ce commerce d'instruments conçus pour infliger des souffrances à des êtres humains».

(L'essentiel/nxp/afp)