Déi Liberal

19 juin 2015 13:01; Act: 19.06.2015 16:39 Print

«Il faut réduire l'intervention de l’État»

LUXEMBOURG – La nouvelle organisation politique Déi Liberal a présenté ce vendredi son courant de pensée. Entretien avec son représentant le plus expérimenté, Claude A. Hemmer.

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Déi Libéral a présenté vendredi son courant de pensée. De gauche à droite: Alen Alomerovic, Robert Mines, Claude A. Hemmer, Laurent Heisten, Georges Reckinger. (photo: L'essentiel)

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Une faute?

L’essentiel: Clarifions d’abord un premier point. Déi Liberal n’est pas un parti, mais bien une organisation politique.

Claude A. Hemmer: Nous nous constituons en association. Les statuts sont prêts et l’ASBL va être constituée. Nous pourrons alors accueillir des membres. Pour l’heure, une dizaine de personnes se sont rassemblées pour des réunions préparatoires.

Quel est votre parcours politique?

Membre du DP pendant près de 45 ans. Ma dernière intervention remonte à 10 ans, après je me suis abstenu, car la résolution que je voulais apporter pour ramener le parti sur des principes fondamentaux plus libéraux n’a pas reçu de majorité, loin de là. Quand vous ne réussissez pas à changer de l’intérieur, on peut donner des impulsions depuis l’extérieur.

Quelle est la ligne directrice de votre mouvement?

On part de l’autodétermination, un principe généralement admis mais les citoyens acceptent trop d’intervention de l’État. Il faut réduire la possibilité d’intervention de l’État, dans l’économie mais surtout dans la vie privée des citoyens. Il ne faut pas que les modes de vie soient guidées par l’intervention de l’État. Même les lois antidiscriminatoires ont une tendance totalitaire quand elles vous empêchent de faire vos choix.

Des exemples?

En matière de discrimination, si vous êtes propriétaire d’une maison, vous devriez pouvoir la louer à qui vous voulez. Si vous ne voulez pas la louer à un Chinois, ou autre, vous devriez pouvoir si c’est votre choix. L’État ne devrait pas aussi intervenir dans ce que vous voulez manger, boire, ou bien même en matière de drogues. Si un adulte décide librement d’en prendre, c’est son choix. Il ne faut pas criminaliser la consommation et, plus largement, supprimer tout ce qu’on appelle les crimes sans victimes.

Sur le plan économique, que préconisez-vous ?

Nous sommes orientés assez fermement sur les principes de l’économie libérale, l’école autrichienne. Nous préconisons une monnaie forte, sans intervention de l’État et qui serait couverte par l’or. La Banque centrale européenne peut créer autant d’euros qu’elle le veut mais si on avait un standard or, elle ne pourrait pas. Si vous épargnez pour plus tard, il faut une monnaie qui garde sa valeur pour être sûr qu’avec votre épargne, vous arriviez plus tard à payer vos courses. Alors que nous avons une monnaie papier qui n’a plus de contre-valeur.

Vous prônez une révision de la constitution.

Nous voudrions une constitution forte qui limiterait les prérogatives de l’État. Ce n’est pas la Constitution qui doit donner des droits aux citoyens, mais les citoyens qui donnent des droits à l’État.

En tant qu’ancien haut-fonctionnaire, réclamer moins d’État semble antinomique…

Avoir été haut fonctionnaire, membre du Conseil d’État pendant 18 ans, cela n’augmente pas la crédibilité en effet! (rires) Mais rien n’empêche d’apprendre au cours de sa vie, par les livres, l’expérience.... On ne veut pas abolir l’État mais avoir un État fort, concentré sur des missions, comme la sécurité, la justice ou les infrastructures.

Quelles critiques formulez-vous à l'encontre du DP?

Le parti ne reconnaît pas les éléments libéraux. Même s'ils en restent quelques-uns, leurs points de vue ne sont pas transférés dans la politique quotidienne. Cette coalition est contre-nature. Je ne suis pas un fervent du système gauche-droite qui n'a jamais reflété la réalité. Il y a deux façons de diriger une entreprise, un pays ou même le monde: l'ordre ou le marché.

Des voix dissonantes du DP comme celle de Charles Goerens ou Henri Grethen sont-elles derrière votre mouvement?

Non. Nous ne faisons pas appel à eux. Je suis le seul avec une certaine ancienneté politique. Nous ne sommes pas un club élitiste mais sélectif: il faut être d'accord avec la théorie sur le papier.

Comment allez-vous peser sur le débat public?

Par des communiqués, des présentations, des conférences. Et des réunions publiques comme la première, prévue le 8 juillet, à Bergem.

L'organisation a-t-elle des ambitions électorales?

Nous mettons des idées sur la table, en espérant qu'elles soient reprises par les partis politiques. Constituer des listes électorales n'est pas ce que l'on veut actuellement. Mais on ne peut pas l'exclure si des futurs membres se portent candidats pour concrétiser les idées développées.

(Propos recueillis par Mathieu Vacon)

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Les commentaires les plus populaires

  • Candide le 19.06.2015 13:53 Report dénoncer ce commentaire

    "comme la sécurité, la justice ou les infrastructures." Il y a un arrière-goût désuet de 19e siècle la-dessous! Un peu comme une madeleine de Proust trempée dans du Coca-Cola! Mais il faut jouer à part égal: retour au libéralisme patronal, pourquoi pas, mais la contrepartie doit être une marxisme orthodoxe! Avec quel leader de gauche? Étienne Schneider? MDR !

  • franci le 22.06.2015 09:48 Report dénoncer ce commentaire

    Encore un Bla Bla Bla Bla. On a assez de beaux parleurs mais rien de concret. C'est le début d'un nouveau parti politique qui pour le moment se cache derrière cette organisation Libérale mais qui en effet attend des inscriptions pour atteindre la formation du parti. Faut seulement 500 signatures et le jeu est fait. Qui vivra verra.

  • Grincheux le 19.06.2015 16:35 Report dénoncer ce commentaire

    Pourquoi pas, la liberté d'opinion existe dans ce pays, même si on nous resort le vieux von Hayek et sa théorie économique de l'oubli, c'est la TEA party à la sauce luxembourgeoise, mais avec les clowns qui nous gouvernent peut être il y a moyen de proposer une autre alternative que le retour de la CSV, peste noire qui a assombri le pays depuis un demi siècle

Les derniers commentaires

  • franci le 22.06.2015 09:48 Report dénoncer ce commentaire

    Encore un Bla Bla Bla Bla. On a assez de beaux parleurs mais rien de concret. C'est le début d'un nouveau parti politique qui pour le moment se cache derrière cette organisation Libérale mais qui en effet attend des inscriptions pour atteindre la formation du parti. Faut seulement 500 signatures et le jeu est fait. Qui vivra verra.

  • Candide le 20.06.2015 01:28 Report dénoncer ce commentaire

    Par contre, et en ça je lui donne raison, la Constitution devrait être sérieusement revue! On ne peut pas d'un côté assurer des libertés et en même temps les réfréner par des lois gouvernementales ! La Constitution est un Contrat entre la gouvernementalité, toujours éphémère, et le peuple souverain sans limite temporelle ! Le modèle suisse est tel qu'il est pratiquement impossible pour un pouvoir toujours momentanément en place de la modifier au gré de ses fantaisies du moment!

  • Darius le 19.06.2015 16:49 Report dénoncer ce commentaire

    Il faut faire gaffe car ceci n'est ni plus ni moins le DP. Les gens qui ne veulent faire un vote de protestation se tourneront vers ceux ci et ils enlèveront les voix à de vrais opposants pour soutenir le DP!!!

  • Poco Loco le 19.06.2015 16:48 Report dénoncer ce commentaire

    Ca sonne tout super-beau mais j'ai deja vu assez de politiciens, ici et ailleurs... toujours les nouveaux sont differents, ils vont tout nettoyer, et quand ils arrivent la-haut c'est que la meme m... triste mais vrai.

  • Grincheux le 19.06.2015 16:35 Report dénoncer ce commentaire

    Pourquoi pas, la liberté d'opinion existe dans ce pays, même si on nous resort le vieux von Hayek et sa théorie économique de l'oubli, c'est la TEA party à la sauce luxembourgeoise, mais avec les clowns qui nous gouvernent peut être il y a moyen de proposer une autre alternative que le retour de la CSV, peste noire qui a assombri le pays depuis un demi siècle

    • Candide le 20.06.2015 01:15 Report dénoncer ce commentaire

      Il n'y a qu'une alternative! La démocratie directe! Tout politicien, de quelque bord qu'il soit, est un prévaricateur en puissance une fois en place! La peste noire est dans les gènes de tous ces ratés qui sont totalement incapables de réussir une carrière dans la vie publique, mais ayant des ambitions démesurées de médiocres, cherchent à plaire à un public souvent naïf et se faire élire pour prévariquer sans risques ni responsabilités! Qu'ils restent en place mais qu'au moins on leur fasse payer leurs con****ries et leurs erreurs! Ils agissent sans obligations de résultats! Et vous?

    • Grincheux le 20.06.2015 22:36 Report dénoncer ce commentaire

      Candide, je suis d'accord avec vous et votre analyse: il faudrait une démoctratie directe au Luxembourg (modèle Suisse)pour pouvoir tenir en échec la médiocrité de nos politiques, et surtout leur propension à la dépense et le clientèlisme politique: postes d' administrateurs dans les sociétées pour empocher tantièmes et jetons de présence...