Littérature

20 février 2016 10:16; Act: 20.02.2016 10:24 Print

L'écrivain italien Umberto Eco est décédé

Le grand intellectuel italien est décédé dans la nuit de vendredi à samedi à l'âge de 84 ans. L'auteur du «Nom de la rose» souffrait d'un cancer, selon la presse italienne.

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Umberto Eco, le 12 mai 2015 à Paris.

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L'écrivain Umberto Eco est décédé dans la nuit de vendredi à samedi des suites d'un cancer. Cet universitaire, linguiste et philosophe a connu la gloire mondiale avec le thriller médiéval et érudit, «Le Nom de la rose». Ce philosophe de formation, célébré sur le tard alors qu'il approchait de la cinquantaine, a réussi un coup de maître avec son premier roman publié en 1980: «Le Nom de la rose» s'est vendu à plusieurs millions d'exemplaires et a été traduit en 43 langues.

Consécration: il a été adapté au cinéma en 1986 par le Français Jean-Jacques Annaud avec Sean Connery dans le rôle du frère Guillaume de Baskerville, l'ex-inquisiteur chargé d'enquêter sur la mort suspecte d'un moine dans une abbaye du nord de l'Italie. Truffé de latin, le polar de ce sémiologue de renom à la rondeur affable a même été la cible d'éditions pirate, notamment en arabe sous le titre «Sexe au couvent».... Autre conséquence, non négligeable pour l'édition italienne, «Le Nom de la rose a relancé le roman en Italie et la littérature italienne à l'étranger. Les écrivains italiens ont à nouveau été traduits», souligne le critique et romancier italien Alain Elkann.

Il écrivait «pour s'amuser»

Eco, un petit-fils d'éditeur issu de la petite bourgeoisie, a raconté avoir commencé à écrire dès l'âge de dix ans des histoires dont il réalisait lui-même l'édition. Né à Alessandria (nord de l'Italie) le 5 janvier 1932, il a étudié la philosophie à l'Université de Turin et consacré sa thèse au «problème esthétique chez Thomas d'Aquin». Ce spécialiste de l'histoire médiévale, qui a traduit Nerval en italien et qui connaissait par cœur Cyrano de Bergerac, a aussi travaillé pour la radio-télévision publique italienne Rai, l'occasion pour lui d'étudier le traitement de la culture par les médias.

Polyglotte, marié à une Allemande, Eco a enseigné dans plusieurs universités, en particulier à Bologne où il a occupé la chaire de sémiotique jusqu'en octobre 2007, date à laquelle il a pris sa retraite. Après «le Nom de la rose», il a notamment offert à ses lecteurs «Le Pendule de Foucault» (1988), «L'île du jour d'avant» (1994) et «La mystérieuse flamme de la reine Loana (2004)». Son dernier roman, «Numéro zéro», publié en 2014 est un polar contemporain centré sur le monde de la presse.

Il est aussi l'auteur de dizaines d'essais sur des sujets aussi éclectiques que l'esthétique médiévale, la poétique de Joyce, la mémoire végétale, James Bond, l'art du faux, l'histoire de la beauté ou celle de la laideur. Affirmant «écrire pour s'amuser», Il Professore - des yeux malicieux derrière des lunettes et une barbe blanche - était aussi bibliophile et possédait plus de 30 000 titres dont des éditions rares.

(L'essentiel/AFP)