Santé

10 octobre 2021 14:15; Act: 10.10.2021 15:41 Print

Après le Covid, gare au rebond de la bronchiolite

Les médecins alertent face à une possible épidémie de bronchiolite. Le rhume de l’adulte se transforme souvent en maladie respiratoire chez les plus petits.

storybild

Un bébé souffrant de bronchiolite est hospitalisé. (photo: AFP)

Sur ce sujet
Une faute?

Après la mise sous cloche due au Covid, les pays de l’hémisphère Nord se préparent pour cet hiver à un possible rebond de la bronchiolite, maladie respiratoire qui touche les bébés et peut parfois les conduire à l’hôpital. «L’épidémie de bronchiolite pourrait être de grande ampleur», prévient dans son dernier avis le Conseil scientifique, qui guide le gouvernement français. L’hiver dernier, les confinements et les gestes barrières anti-Covid ont aussi bloqué les autres virus, dont le VRS (virus respiratoire syncytial), responsable de la bronchiolite.

Les enfants ont été moins infectés que d’habitude, et sont donc moins immunisés. Le Conseil scientifique français note ainsi un «déficit d’immunité collective acquise significatif pour les enfants nés après mars 2020». «La faible circulation du VRS durant l’automne/hiver 2020-21 peut entraîner une hausse du risque de maladie grave associée au VRS chez les nourrissons et les jeunes enfants en raison des faibles niveaux d’exposition au virus l’an dernier», s’est également alarmée mi-septembre la Société espagnole de néonatalogie (Seneo).

Courante et très contagieuse, la bronchiolite provoque chez les bébés une toux et une respiration difficile, rapide et sifflante. Même si elle est angoissante pour les jeunes parents, elle est la plupart du temps bénigne. Mais elle peut nécessiter un passage aux urgences, voire une hospitalisation. Une épidémie de grande ampleur pourrait donc peser sur des systèmes hospitaliers déjà mis à rude épreuve par le Covid.

Signal faible

«Nous avons déjà remarqué une augmentation du nombre de cas. Ces jours-ci, nous avons hospitalisé quelques nouveau-nés qui ont été placés sous oxygène», dit à l’AFP Antonino Reale, chef des urgences pédiatriques de l’hôpital Bambino Gesu de Rome, référence en Italie pour les soins aux enfants et nouveau-nés. Pour autant, «il s’agit d’un petit signal encore trop faible pour dire comment se déroulera l’hiver», nuance-t-il.

Même constat et même prudence en France. Pour la semaine du 27 septembre, on a relevé 1 278 passages aux urgences d’enfants de moins de 2 ans pour bronchiolite, dont 460 se sont soldés par une hospitalisation, contre respectivement 700 et 300 à cette période lors d’une année normale. «Le niveau des indicateurs reste modéré» mais on observe une «tendance à l’augmentation qui nécessite la plus grande vigilance», explique à l’AFP Delphine Viriot, épidémiologiste à l’agence sanitaire Santé publique France.

«L’idée, c’est de pouvoir détecter le plus en amont possible la survenue de l’épidémie, pour permettre la mise en place de l’organisation des services hospitaliers», ajoute-t-elle. Pour cela, on dispose «d’un bon référentiel», car en temps normal, l’épidémie de bronchiolite suit le même schéma d’une année sur l’autre: elle démarre fin octobre, atteint un pic fin décembre puis se termine fin mars. Mais l’hiver dernier, le Covid a bouleversé cette chronologie.

En Australie déjà

En plus d’être moins forte (2 500 passages hebdomadaires aux urgences en France lors du pic contre 5 000 une saison normale), l’épidémie de bronchiolite a été décalée dans le temps: elle «a démarré début février 2021, avec un pic début avril, puis une fin début juin», relève Delphine Viriot. C’est également ce qui s’est passé en Australie. Fin 2020, c’est-à-dire au printemps/été dans l’hémisphère Sud, plusieurs états australiens ont noté une hausse inhabituelle des cas de bronchiolite, attribuée à l’allègement des mesures anti-Covid.

«Bien que les maladies respiratoires soient plus fréquentes durant les mois les plus frais, la levée des restrictions et l’augmentation des interactions sociales ont pu contribuer à cette hausse inhabituelle pour la saison», avait assuré l’état de Nouvelle-Galles du Sud dans un communiqué le 10 décembre 2020.

«Ce qui pose souci, c’est surtout les tout petits», souligne auprès de l’AFP la Dr Fabienne Kochert, présidente de l’Association française de pédiatrie ambulatoire (Afpa), en recommandant «un respect rigoureux des mesures barrières. Il ne faut pas emmener de bébé de moins de 3 mois dans des grandes surfaces, et on doit garder un minimum de distanciation», insiste-t-elle. Les bisous aux bébés sont à proscrire: s’il est dû au VRS, un rhume chez un adulte peut donner une bronchiolite chez un tout petit.

(L'essentiel/AFPE)

Vous venez de publier un commentaire sur notre site et nous vous en remercions. Les messages sont vérifiés avant publication. Afin de s’assurer de la publication de votre message, vous devez cependant respecter certains points.

«Mon commentaire n’a pas été publié, pourquoi?»

Notre équipe doit traiter plusieurs milliers de commentaires chaque jour. Il peut y avoir un certain délai entre le moment où vous l’envoyez et le moment où notre équipe le valide. Si votre message n’a pas été publié après plus de 72h d’attente, il peut avoir été jugé inapproprié. L’essentiel se réserve le droit de ne pas publier un message sans préavis ni justification. A l’inverse, vous pouvez nous contacter pour supprimer un message que vous avez envoyé.

«Comment s’assurer de la validation de mon message?»

Votre message doit respecter la législation en vigueur et ne pas contenir d’incitation à la haine ou de discrimination, d’insultes, de messages racistes ou haineux, homophobes ou stigmatisants. Vous devez aussi respecter le droit d’auteur et le copyright. Les commentaires doivent être rédigés en français, luxembourgeois, allemand ou anglais, et d’une façon compréhensible par tous. Les messages avec des abus de ponctuation, majuscules ou langages SMS sont interdits. Les messages hors-sujet avec l’article seront également supprimés.

Je ne suis pas d’accord avec votre modération, que dois-je faire?

Dans votre commentaire, toute référence à une décision de modération ou question à l’équipe sera supprimée. De plus, les commentateurs doivent respecter les autres internautes tout comme les journalistes de la rédaction. Tout message agressif ou attaque personnelle envers un membre de la communauté sera donc supprimé. Si malgré tout, vous estimez que votre commentaire a été injustement supprimé, vous pouvez nous contacter sur Facebook ou par mail sur feedback@lessentiel.lu Enfin, si vous estimez qu’un message publié est contraire à cette charte, utilisez le bouton d’alerte associé au message litigieux.

«Ai-je le droit de faire de la promotion pour mes activités ou mes croyances?»

Les liens commerciaux et messages publicitaires seront supprimés des commentaires. L’équipe de modération ne tolérera aucun message de prosélytisme, que ce soit pour un parti politique, une religion ou une croyance. Enfin, ne communiquez pas d’informations personnelles dans vos pseudos ou messages (numéro de téléphone, nom de famille, email etc).

L'espace commentaires a été désactivé
L'espace commentaires des articles de plus de 48 heures a été désactivé en raison du très grand nombre de commentaires que nous devons valider sur des sujets plus récents. Merci de votre compréhension.